Le parlement des Grisons, sorti des urnes dimanche, est unanimement jugé plus équilibré que par le passé. Une remarque qui s’applique d’abord à leur composition partisane, qui est en tout cas beaucoup plus proche de la sensibilité réelle des électeurs aux élections et aux votations fédérales. Mais elle est aussi plus proche de la société en termes de sexe et d’âge des élus.
Jusqu’à dimanche, l’orientation politique du corps électoral jouait peu de rôle au vu de la procédure majoritaire, centrée sur les candidats individuels. Surtout dans les petites circonscriptions (qui n’ont qu’un seul député à Coire), le principal facteur était la popularité du principal politicien, qui faisait presque toujours partie des grands partis historiques.
Le passage au système bi-proportionnel a contraint à l’adoption de listes officielles au niveau cantonal, permettant l’émergence de nouveaux profils, puisque tous les partis doivent présenter le plus de candidats possible (jusqu’à 120) pour ne pas perdre de voix (peut-être hors de propos au niveau des clubs, au niveau cantonal mais fondamental). Aujourd’hui, aucun parti ne dispose de plus d’un nombre de représentants pour imposer sa propre ligne à l’ensemble du parlement. Avec 34 élus, l’Alliance du Centre a toujours la faction la plus nombreuse, mais pour obtenir une majorité elle doit inévitablement s’allier soit avec le PLR, soit avec le PS, qui comptent tous deux 27 élus. Mais il n’y avait pas non plus de fragmentation qui menaçait de compliquer les relations avec le Conseil d’État. Les groupes de troupes gouvernementales disposent toujours de 88 sièges (hors 25 UDC et 7 PVL).
Les jeunes et les femmes ont profité de la nouvelle formule. La représentation des femmes, historiquement très faible dans les Grisons, a augmenté. En 2018, 24,20 % de femmes ont été élues au Parlement. Quatre ans plus tard, ils sont passés à 40 ou 33 %. Une proportion légèrement supérieure au nombre de candidats (154 sur un total de 491). Dimanche, les femmes des Grisons ont également pu fêter l’entrée de Carmelia Maissen au gouvernement, qui prendra ses fonctions le 1er janvier.
L’âge moyen à l’entrée en fonction du nouveau Grand Conseil (premier jour de session en août prochain) sera de 50 ans. Les candidats de la majorité ne sont pas élus, mais 5 députés ont entre 25 et 30 ans. Au niveau des tranches d’âge, le nouveau parlement est remarquablement équilibré : un tiers des grands-conseillers ont moins de 40 ans, un tiers entre 40 et 60 ans et un tiers plus, avec 9 députés ayant déjà dépassé l’âge de la retraite AVS. Le doyen est toujours un Italien des Grisons. Il y a quatre ans, Nicoletta Noi-Togni a prononcé le discours d’ouverture. Cette fois, c’est au tour de Pietro Della Ca’, 74 ans, de Brusio.

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