Rome, 19 mars. (askanews) – La politique monétaire, la BCE et la Fed sont de retour sur le devant de la scène dans une semaine qui s’annonce riche en rendez-vous, après que l’institution européenne a relevé ses taux d’intérêt de 50 points de base jeudi dernier malgré les tensions financières alimentées par les défauts bancaires aux États-Unis. États-Unis et l’effondrement du Credit Suisse à Zurich.
Lundi en fin de matinée à Milan, le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco, qui siège au conseil des gouverneurs de la BCE, animera une conférence sur la reprise et la récession d’Affari&Finanza, aux côtés du commissaire européen à l’économie Paolo Gentiloni. A 15 ans, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, est entendue deux fois au Parlement européen, d’abord sur la politique monétaire, puis en tant que présidente du Comité européen du risque systémique. Selon toute vraisemblance, les questions des eurodéputés pourraient être plus pressantes qu’en d’autres occasions et les critiques plus cinglantes après la récente hausse des taux étaient moins évidentes étant donné le niveau élevé d’incertitude entourant la croissance suite aux turbulences boursières. Une décision approuvée à la majorité du Conseil des gouverneurs, Lagarde a indiqué que « 3 ou 4 » n’étaient pas convaincus. Et Visco avertit depuis des semaines d’être prudent lors de l’augmentation des taux d’intérêt.
Mardi, le chef de l’autorité de surveillance bancaire de la BCE, l’Italien Andrea Enria, tiendra une audition au Parlement européen. D’abord pour l’habituelle revue trimestrielle, puis avec une réunion centrée sur la faillite de la Silicon Valley américaine, dont les autorités européennes ont jusqu’à présent assuré avec force que le risque était très limité. Mais bien sûr, le cas du Credit Suisse est également évoqué, où l’exposition des institutions européennes est beaucoup plus large. Mardi également, Lagarde fera à nouveau entendre sa voix lors d’une conférence organisée par la Banque des règlements internationaux, à laquelle participera également le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy, qui, comme Visco et tous leurs rivaux de la zone euro, siège au le Conseil d’administration.
Mercredi, les nominations de la BCE se poursuivent, mais l’attention des marchés sera déséquilibrée outre-Atlantique et sur la direction de la Réserve fédérale, le Fomc, qui doit annoncer ses décisions de politique monétaire à 19 heures, heure italienne. Aux États-Unis, la situation n’est pas moins compliquée pour la politique monétaire, car l’affaire SVB et ses répercussions associées, surtout si elles se poursuivent, ravivent les risques de stagflation, c’est-à-dire qu’une période prolongée d’économie faible ou au point mort combinée à une inflation élevée pourrait le faire. Un scénario dans lequel la banque centrale serait incapable de mener des manœuvres pour sauver l’économie et en même temps devrait contrecarrer la hausse des prix (à moins qu’elle ne veuille opter pour des stratégies similaires à celles de Recep Tayyip Erdoğn en Turquie, où , cependant, l’inflation est supérieure à 50%). Mercredi également, Lagarde, l’économiste en chef Philip Lane et Fabio Panetta, le membre du conseil d’administration italien qui pourrait être compté parmi les « 3 ou 4 » peu convaincus par le nouveau frein aux taux d’intérêt jeudi, prendront la parole lors de la conférence annuelle des orateurs « La BCE et leurs observateurs ».
Jeudi, ce sera au tour de la Banque nationale suisse, qui a d’abord dû faire face à l’effondrement du Credit Suisse, puis de la Banque d’Angleterre, de communiquer les décisions en matière de taux d’intérêt et de politique monétaire. Dans l’après-midi, Lane de la BCE prononcera un discours au Peterson Institute for International Economics.
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