La Suisse est devenue un peu plus petite. Pour ainsi dire, bien que ces derniers jours, le point de passage de la nouvelle ligne frontière ait en fait été indiqué sur une passerelle en bois de 203 mètres de long qui relie l’Aargauer Stein au Bad Säckingen allemand. Une ligne qui a été déplacée de 8 mètres et 20 centimètres vers la Suisse après une redéfinition entamée en 2018. En venant de Stein, vous pouvez rejoindre l’Allemagne avec un peu moins de sentiers.
Cependant, la Suisse ne perd pas de territoire car elle sécurise le RSI Alain Wicht, responsable de la frontière nationale au sein de Swisstopo. La redéfinition de la frontière le long du Rhin touche en réalité un tronçon de 109 kilomètres : « A certains points il y a eu une perte, à d’autres il y a eu un gain », précise-t-il.
Le pont en bois sur le Rhin entre la Suisse et l’Allemagne (Imago)
Mais pourquoi cette opération était-elle nécessaire ? Jusqu’à présent, la frontière longeait le soi-disant Talweg, c’est-à-dire une ligne qui reliait les parties les plus profondes du cours d’eau. Cependant, c’est une ligne qui change constamment en raison du courant. « La nouvelle mesure prend désormais en compte le milieu du flux », explique Wicht.
La redéfinition de la frontière est désormais également reconnue d’un point de vue technique. Cependant, il faudra des années avant que l’Allemagne et la Suisse ne parviennent à un accord.
Le paradis entre la Suisse et l’Italie
Une situation similaire se retrouve également entre la Suisse et l’Italie, en prenant l’exemple d’une cabane au-dessus de Zermatt, sur le territoire italien. Il s’agit du refuge guide du Cervin, qui techniquement se trouverait désormais en Suisse en raison de la fonte des glaciers.
Il s’agit du bassin versant, qui par définition est la frontière entre les deux pays. Zone de captage d’eau que l’on retrouve également sur les champs de neige ou les glaciers, comme dans ce cas. Et ce qui peut donc changer avec leur résolution.
Une redéfinition de la limite pertinente est discutée depuis des années. Une solution a été discutée début mai de l’année dernière au sein de la commission pour la frontière nationale entre la Suisse et l’Italie à Berne et un accord a été élaboré qui doit encore être approuvé. Ce serait un compromis, comme le rapportait le journal du dimanche en janvier, que la nouvelle frontière contourne le refuge et le laisse hors du territoire suisse.
Le bassin versant se déplace avec la fonte des glaciers (Swisstopo)
Entre changement climatique, barrages et aéroports
Ces exemples ne sont que quelques-uns des nombreux cas similaires qui se sont produits au fil des ans. À mesure que les glaciers fondent et que les ruisseaux et les rivières changent, les limites changent lorsque des changements importants se produisent.
Mais ce ne sont pas les seules situations dans lesquelles cela peut arriver : les gens peuvent aussi changer les frontières avec leurs constructions. Des exemples, nous dit Wicht, sont la frontière entre Genève et Cointrin, ainsi que les barrages d’Emosson (Valais) et le Val di Lei (Grisons).
Genève-Cointrin (Swissopo)
Barrage d’Emosson (Swissopo)
Barrage Val di Lei (Swistopo)
Dans le premier cas, la redéfinition de la frontière nationale entre la Suisse et la France est due à la construction de la piste de l’aéroport de Genève. Dans les deux autres cas, cependant, cela est dû à l’érection de barrières et à la formation consécutive de lacs artificiels.

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