La capacité du Conseil fédéral à sanctionner de manière autonome les personnes ou organismes coupables de violations graves du droit international humanitaire ou des droits de l’homme serait inefficace et porterait atteinte à la neutralité.
Avec cette justification, le Conseil des Etats a rejeté par une marge de 29 voix contre 12 un complément à la révision de la loi d’embargo, sur laquelle se fondent les sanctions contre la Russie, comme demandé par le Conseil national. Cette dernière divergence d’opinion avec les « sénateurs » devra maintenant être résolue par la Chambre du peuple.
Damian Müller (PLR/LU) a déclaré au nom de la commission préparatoire que cet ajout conduirait à un changement radical de la politique suisse de sanctions et soulèverait des questions de neutralité.
Selon Müller, Pirmin Bischof (Centre/SO) et Andrea Caroni (PLR/AR), la Suisse s’est jusqu’à présent adaptée aux sanctions imposées par les instances internationales telles que les Nations Unies ou ses partenaires économiques les plus importants (comme l’UE). C’est ainsi que les sanctions fonctionnent, alors que des décisions prises uniquement par notre pays auraient une portée très limitée et pourraient provoquer des contre-mesures désagréables. La Suisse, ont-ils ajouté, serait le plus petit pays à avoir une telle disposition dans sa législation.
Bishop a également souligné le caractère arbitraire de cette disposition, qui affecterait certaines violations et pas d’autres. Théoriquement, a souligné le « sénateur » de Soleure, la Suisse devrait sanctionner toutes les violations graves des droits de l’homme en raison de ces nouveaux ajouts à l’équipe nationale, ce qui est impossible. Bishop a rappelé que la plupart des pays ne sont pas des États constitutionnels. Bref, l’ajout de l’équipe nationale est « sympa » mais complètement inutile et aussi inefficace.
Actuellement, la Suisse ne peut rétablir que les sanctions décidées par l’ONU, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou leurs principaux partenaires économiques. S’il veut aller plus loin, le Conseil fédéral doit s’appuyer sur la Constitution. Les décrets pris sont limités à quatre ans et ne peuvent être prorogés qu’une seule fois : ils expirent si aucun projet de base juridique n’est soumis six mois après l’entrée en vigueur de la prorogation.
La révision en cours prévoit que le Conseil fédéral peut étendre de manière autonome des mesures aux États, aux entreprises ou aux particuliers si les intérêts du pays l’exigent. Le conseiller fédéral Guy Parmelin se satisfait de cet ajout à la loi actuelle et la décision du Conseil national va trop loin. Selon le ministre de l’Economie, la Suisse s’exposerait inutilement avec des sanctions autonomes, le plus souvent symboliques.
Seuls défenseurs de la version nationale dans le prétoire, Daniel Jositsch (PS/ZH) et Carlo Sommaruga (PS/GE), ont plaidé la nécessité de défendre notre politique de sanctions de manière encore plus cohérente avec les valeurs de notre politique étrangère et humaine. droits. Il est vrai que la Suisse est un petit pays, a expliqué Sommaruga, mais sa place financière est importante et des sanctions contre des individus ou des organisations coupables de crimes graves pourraient faire mal. Face à certains crimes, ajoute Jositsch, la neutralité n’existe pas ; Selon lui, une attitude également partagée par la population.

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