Si les élections étaient menées avec des sondages d’opinion, Emmanuel Macron serait le nouveau président français pendant des mois. Il est en tête depuis le début de la campagne et à la veille du second tour de scrutin de dimanche il devance de 15 points Marine Le Pen : lui est signalé à 57,5% et elle à 42,5%. Un écart très important qui protège (en théorie) l’actuel locataire de l’Elysée des surprises, qui selon les sondages il y a tout juste deux semaines a fortement baissé en soutien tandis que celui de son rival montait. A tel point que certains instituts leur ont offert une course au coude à coude.
Mais en réalité, les élections ne sont pas gagnées avec les sondages qui, comme Alexandre Dézé, homme politique de l’Université de Montpellier, auteur d’une étude récente sur leur impact (« 10 leçons sur les sondages politiques »), « l’ont fait ces derniers 25 ans se sont avérés approximatifs ou erronés dans un cas sur deux lors de toutes les élections ». D’où l’invitation du savant à « douter de sa fiabilité » même en France, où est né le terme « Sondage », passé ensuite à l’italien et où un nombre sans précédent de sondages d’opinion ont été menés. Au moins 500 ont été arrêtés pour la seule élection présidentielle.
En attendant de comprendre si et dans quelle mesure ils auront été fiables lors de l’élection présidentielle de 2022, il est certain que les sondages auront leur influence sur le résultat du vote. C’est ce que confirme le directeur de recherche d’un des plus importants instituts français de géomètres. « Bien sûr, les sondages ont eu un impact, par exemple lors du vote dit utilitaire au premier tour – explique Mathieu Gallard, directeur de recherche d’IPSOS –. Le vote utilitaire repose sur l’idée qu’un autre candidat différent du sien, selon les sondages, pourrait en réalité avoir plus de chances de réussir et donc le préférer au vôtre ».
Beaucoup craignent que les sondages politiques puissent être manipulés en raison de leur poids et ne soient plus qu’un simple instantané des opinions des électeurs, mais la réponse aux souhaits de l’instigateur. Une possibilité écartée par Mathieu Gallard lui-même. Il admet que les sondages électoraux sont un excellent outil publicitaire car « ils font connaître les institutions au grand public et à de nouveaux clients potentiels comme les entreprises, les institutions ou les lobbies ». Mais selon le représentant d’IPSOS (l’une des plus grandes entreprises mondiales du secteur, avec des bureaux dans 90 pays et un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros), la grande visibilité des sondages électoraux est une garantie, même s’ils représentent moins de 10 % des activités portant principalement sur le marketing ou la recherche sur l’opinion non publique). « Nous n’avons aucun intérêt à nous tromper ou à manipuler les chiffres, comme on le prétend parfois », explique la tête du scrutin, qui a réélu le candidat de La République En Marche avec 57,5% des suffrages, contre 42,5% des voix. le représentant du Rassemblement National.

« Entusiasta de la web aficionado. Creador galardonado. Experto en música extrema. Wannabe analista. Organizador. Erudito de la televisión amigable con los inconformistas. Gurú de Twitter ».
