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Les terroristes ne doivent pas être expulsés vers des pays à risque

by Clara Alonso

Expulser des terroristes étrangers vers un pays où ils risquent la torture ou la peine de mort violerait la constitution et le droit international. C’est l’avis du Conseil fédéral qui propose de rejeter une motion du conseiller national tessinois Fabio Regazzi (milieu).

Dans son acte parlementaire, ce dernier demande l’expulsion des jihadistes qui ont été condamnés pour des actes en faveur de l’EI dans leurs pays respectifs, même si ceux-ci sont jugés « à risque ». En pratique, selon Regazzi, les règles qui garantissent les condamnés priment sur la sécurité de notre pays.

Après le Conseil national, la motion de 2019 contre la déclaration du gouvernement a été acceptée de justesse par les États fédérés. Lors des débats, la ministre de la Justice Karin Keller-Sutter avait déjà rappelé que, selon la constitution, nul ne peut être transféré dans un pays où il est menacé de torture ou d’autres peines ou traitements cruels et inhumains.

Dans un rapport publié aujourd’hui, le gouvernement estime que le texte viole la Convention relative au statut des réfugiés, la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH), la Convention contre la torture (UNCAT) et le Pacte international relatif aux droits civils. Société et droits politiques de l’ONU.

En particulier, si la Suisse applique la motion, la CEDH et l’UNCAT devraient être dénoncées pour éviter de violer ces traités internationaux. La dénonciation de la CEDH signifierait probablement l’expulsion du Conseil de l’Europe, dont la Suisse a adopté les valeurs fondamentales en matière de droits de l’homme et de démocratie, précise le gouvernement.

Les conséquences seraient également graves pour les résidents de notre pays, car ils ne pourraient plus faire valoir leurs droits devant l’une des plus importantes institutions de protection internationale des droits de l’homme, a poursuivi l’exécutif. Cela nuirait également gravement à la crédibilité politique de la Suisse sur la scène internationale.

Parallèlement, le Conseil fédéral rappelle qu’il existe des possibilités légales d’expulsion d’une personne qui menace la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse dans un pays qui n’est pas considéré comme sûr. Le principe des assurances diplomatiques intergouvernementales vise à garantir que la personne expulsée ne soit pas mise en danger lors de son retour dans son pays d’origine.

Le rapport souligne également que depuis l’adoption de la motion, la Suisse dispose d’un meilleur arsenal pour contrer toute menace terroriste sur son territoire. En 2020, le Parlement a décidé de renforcer les mesures pénales de lutte contre le terrorisme et en 2021, le peuple a adopté la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, qui permet une intervention précoce et préventive en cas d’indices.

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