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Les retraités fuient également l’Italie, mais on n’en parle pas

by León Paz

de Ciro Maddaloni * –

Nous en avons parlé récemment Journal diplomatique du fait qu’en Italie on parle trop peu et trop superficiellement du problème purement italien, de l’émigration des jeunes Italiens qui cherchent fortune à l’étranger ; Les jeunes fuient vers l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et même hors de l’Union européenne, principalement au Canada et aux États-Unis pour faire fortune.
Mais un autre problème dont on ne parle pas vraiment : c’est celui des retraités italiens qui émigrent de plus en plus à l’étranger à la recherche de conditions de vie moins chères.
Aujourd’hui, un retraité recevant même une pension modeste est toujours soumis à l’imposition en Italie aux taux suivants :

Comme on peut le voir sur le tableau, dans le premier groupe nous avons un retraité qui perçoit une pension nette mensuelle inférieure à 1 000 €. Certainement pas un nabab. L’État prélève chaque mois près de 300 euros d’impôts sur sa très modeste retraite.
C’est aussi pour cette raison que l’on lit sur le site de l’INPS que la sécurité sociale verse environ 330 500 pensions à l’étranger pour un total d’environ 1 331 720 000 euros. Les versements de pensions à l’étranger sont effectués dans environ 164 pays.
Bien que ces chiffres soient significatifs en termes absolus, ils ne nous permettent pas de comprendre ce qui se passe. Pourquoi fait-on payer toutes ces pensions à l’étranger et vers quels pays ?
Le site de l’INPS nous éclaire à nouveau et nous donne les données suivantes :
61 % des pensions versées à l’étranger en 2014 sont des pensions de vieillesse ou d’ancienneté, 4 % d’invalidité et 35 % de survivants. Parmi celles-ci, les pensions de vieillesse/préretraite sont versées aux hommes retraités plus du double, ce qui confirme que l’émigration masculine a été plus fréquente que celle des femmes et que, compte tenu de leur rôle traditionnel dans l’organisation familiale et des difficultés d’accès Dans le monde du travail, les femmes n’ont pas toujours accumulé une contribution significative pour accéder aux retraites. Les retraités des survivants, en revanche, sont majoritairement des femmes.
Ici, il faut se poser une première question : pourquoi toutes ces dames devenues veuves se retirent-elles à l’étranger ?
Quels sont tous les aidants mariés à des retraités italiens et retournés dans leur pays d’origine en tant que veuves ?
Le nombre de femmes percevant la pension de leur mari est si élevé qu’il influence la somme des pensions versées à l’étranger par l’INPS en faveur du sexe féminin.
Nous lisons également sur le site Web de l’INPS: bien qu’il s’agisse encore d’un phénomène limité en termes absolus, ces dernières années, de plus en plus de retraités italiens se déplacent vers des pays où le coût de la vie est inférieur à l’Italie et où les charges du fisc sont moins lourdes impact sur les retraites.
Ainsi, en plus des jeunes universitaires, il y a aussi la soi-disant « fuite des cerveaux » ; et les jeunes à la recherche d’emplois mieux rémunérés, même les retraités commencent à fuir notre pays ; qui quittent l’Italie pour des raisons personnelles ou, plus communément, pour des raisons économiques.
Ce phénomène a des répercussions économiques et sociales très importantes, puisque le versement d’une pension à l’étranger représente une perte économique pour l’Italie, puisque le montant versé ne revient pas sous forme de consommation ou d’investissement dans notre pays. Il en résulte un volume d’impôts moindre car ces retraités paient des impôts dans le nouveau pays où ils s’installent.
Et l’on assiste ici à des phénomènes qui, s’ils n’étaient pas tragiques, seraient comiques : de nombreux retraités italiens s’installent en Tunisie, où le coût de la vie est bien inférieur à celui de l’Italie et où la pension mensuelle passe de moins de 1 000 euros par mois à 1 250 euros. . Une belle augmentation de leurs revenus mensuels à dépenser dans un pays où tout coûte moins de la moitié de l’Italie.
Et nous voilà dans la crise que les tunisiens fuient leur pays à cause de la faim et que nos retraités fuient l’Italie vers la Tunisie pour la même raison !
Mais en Italie centrale, à deux pas de Rome ou de Naples, nous avons des villages presque déserts. De belles villes où il fait bon vivre, tout est à taille humaine, il y a des services de santé et des moyens de transport. Sans oublier l’importante communauté d’Italiens hivernant au Portugal et ceux qui envisagent d’aller en Grèce.
Pourquoi aucun politicien des gouvernements nationaux ou régionaux n’a-t-il jamais pensé à aider les personnes âgées à s’installer dans ces merveilleux villages et peut-être à leur garantir une réduction des impôts payés sur leurs pensions ?
Pourquoi notre pays n’a-t-il jamais vraiment promu nos régions pour attirer en Italie ces retraités du nord de l’Europe qui pourraient certainement avoir de meilleures conditions de vie en Italie ?
Peut-être parce que nos politiciens ne croient pas en leur pays ou parce qu’ils sont toujours occupés à voir qui est le plus fasciste ou communiste ? Je ne peux pas répondre à cette question.
Et tout cela alors que les retraités italiens, notamment ceux qui ont les pensions les plus élevées, dépensent de plus en plus leurs pensions à l’étranger.

* Expert international en e-gouvernement.

Article en partenariat média avec Le journal diplomatique.

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