Deux cents conseillers nationaux et 46 conseillers d’État composent le Parlement, qui votera le 22 octobre et restera en fonction pour les quatre prochaines années. Même si seulement 44 de ces derniers sont élus ce jour-là. En effet, l’Appenzell Rhodes-Intérieures a nommé fin avril son unique représentant à la chambre haute du Landsgemeinde, lorsque le représentant du centre, Daniel Fässler, a été confirmé. A Obwald, en revanche, l’élection d’Erich Ettlin-Barth (également du centre) s’est déroulée dans le silence faute de rivaux.
À l’occasion dernières élections en 2019Au Conseil National, l’UDC est le premier parti avec 25,59% des voix, devant le PS (16,84%), le FDP (15,11%), les Verts (13,20%) et le PPD (11,38%). Ce dernier a ensuite rejoint le PBD en 2020 (2,44% en 2019) et a changé son nom pour « le Centre ». Finalement, les Verts libéraux ont obtenu 7,80 %. Dans le contexte relativement stable de la politique suisse, ils restent la principale force lors des élections de cette année.
Viennent ensuite le Parti travailliste (1,05%), l’UDF (1%) et un certain nombre de formations plus petites au niveau national, mais qui peuvent être importantes dans un seul canton : comme dans le cas de la Ligue. au Tessin il valait 16,9 %, ce qui équivalait à 0,75 % au niveau fédéral.
Ces chiffres ne renseignent toutefois pas sur le poids réel des groupes politiques dans les deux chambres du Parlement. En prenant notamment en exemple l’exemple de la ligue qui a amené le conseiller national Lorenzo Quadri à Berne, il est utile de rappeler un aspect fondamental : ce n’est pas la moyenne nationale qui détermine les élus, mais le nombre des différents cantons.
Ces derniers organisent le dépouillement, depuis l’envoi du matériel de vote jusqu’au dépouillement, et la composition du parlement est la somme des personnes élues dans les 26 circonscriptions. Ainsi, une formation localement forte et manquante ailleurs peut être catapultée sous la coupole du palais avec un ou plusieurs représentants.
La répartition des sièges entre les 26 cantons est simple et stable pour le Conseil des Etats : il y en a deux chacun, à l’exception des deux villes appenzelloises de Bâle-Ville et du Land, Obwald et Nidwald, qui disposent chacune d’un siège.
Les choses se compliquent un peu à l’Assemblée nationale, où les sièges sont attribués proportionnellement à la population et sont donc sujets à des fluctuations en fonction de l’évolution de la force démographique de chaque canton. Zurich élira plus de représentants à ce tour qu’à tout autre, 36, soit un de plus qu’en 2019. Bâle-Ville perdra un représentant, ce qui tombera à 4. Le changement a été déterminé par le Situation à fin 2020.
Par ordre de taille, ils ont alors 24 représentants de Berne, 19 de Vaud, 16 d’Argovie, 12 de Genève et Saint-Gall, 9 de Lucerne et ainsi de suite jusqu’aux six qui n’ont qu’un seul siège à pourvoir (chaque canton). . Droit à au moins un siège).
Les Grisons en comptent 5, le Tessin en confirme 8 depuis 1971, mais la campagne électorale au sud des Alpes pourrait devenir plus rude à l’avenir. En effet, la population tessinoise diminue tandis que la population suisse augmente. Selon un Étude de 2021 de l’Observatoire de la vie politique régionale Basé à l’Université de Lausanne, le nombre de représentants du canton remontera à 7 en 2035 et – selon deux des trois scénarios développés – tombera même à 6 en 2051, comme lors de la naissance de l’Etat fédéral en 1848. Le poids politique du Tessin et donc aussi de la partie italophone de la population suisse diminueraient en conséquence.
La composition des deux chambres du Parlement suisse n’est pas déterminée par un système électoral uniforme. D’autre part, La Constitution fédérale et la loi sur les droits politiques confèrent les règles du jeu exclusivement au Conseil national., qui propose la représentation proportionnelle pour les cantons ayant plusieurs sièges à gagner (chaque parti propose sa propre liste) et le système majoritaire pour les cantons ne disposant que d’un seul siège : ici, les électeurs se voient présenter un bulletin de vote blanc ou les noms des candidats inscrits. Celui qui obtient le plus de voix gagne. Le règlement fédéral prévoit également que tous les citoyens suisses âgés d’au moins 18 ans et non soumis à une tutelle peuvent se présenter aux élections et donc être élus. Le nombre de mandats est illimité.
Pour le Conseil des Etats, Les modalités des élections sont régies par le droit cantonal. Le système majoritaire prévaut, élu par presque tous les cantons, y compris le Tessin et les Grisons, généralement avec un premier tour où la majorité absolue est requise, tandis qu’au second tour, une majorité relative suffit. Le Jura et Neuchâtel sont les seuls à avoir opté pour la représentation proportionnelle. Comme mentionné au début de cet article, Appenzell Rhodes-Intérieures utilise à la place la Landsgemeinde.
Ce qu’ils ont tous en commun, c’est la durée du mandat de quatre ans et l’éligibilité dès la majorité. Cependant, Glaris fixe à 65 ans une limite d’âge maximum au-delà de laquelle ses représentants doivent quitter leurs fonctions, tandis que Jura fixe un nombre maximum de mandats consécutifs.
En raison de la majorité à la chambre haute, des revers ne sont pas exclus – pensez au cas tessinois de 2019, avec la sortie du PLR et du PPD en faveur de la socialiste Marina Carobbio Guscetti et du démocrate Marco Chiesa – Mais en général la nécessité favorise les votes même en dehors des membres de son propre parti pour rassembler des formations avec des positions moins extrêmes.
Au Conseil des Etats élu le 20 octobre 2019, ce n’est pas l’UDC mais le PPD qui était le parti le plus fortement représenté avec 13 sièges sur 46 : soit une part de 28% contre un nombre d’électeurs d’un peu plus de 11%. Viennent ensuite le PLR avec 12 mandats, le PS avec 9 et – seulement en quatrième position – les démocrates avec 6, soit un seul de plus que les Verts.
La typique « personnalisation » de la majorité signifie également qu’en cas de démission ou de décès d’un membre du Conseil des Etats, une élection partielle est nécessaire car il n’y a pas de listes et donc pas de remplaçants disponibles. Ce fut par exemple le cas cette année dans le canton de Saint-Gall, où l’ancien président de la Fédération suisse des syndicats Paul Rechsteiner a démissionné après 36 ans à Berne. Nous sommes allés aux urnes et sa place a été prise par Esther Friedli de l’UDC, qui a dépassé la socialiste Barbara Gysi mais devra remettre en jeu son siège en octobre. Le PS avait déjà perdu de la même manière le siège de Christian Levrat à Fribourg en 2021 et a été remplacé par Isabelle Chassot. Au cours de la législature, le centre est passé à 14 sièges, les démocrates à la chambre à 7 et les socialistes à 7.
Puis même jusqu’à 6 ces derniers mois. « À blâmer » est le Tessin, où la susmentionnée Marina Carobbio Guscetti a rejoint le gouvernement en avril et a donc dû quitter son siège à Berne. Le siège est resté temporairement vacant en raison de la décision du Conseil d’État, qui n’a pas jugé opportun d’appeler le peuple à voter deux fois de plus (premier tour et second tour) pour élire une personne pour une seule session du Parlement. Dans le Jura, qui, comme indiqué, a la représentation proportionnelle, il y a eu une remplaçante volontaire (Mathilde Crevoisier Crelier) pour Elisabeth Baume-Schneider, élue au Conseil fédéral.
Enfin, dans le mécanisme qui conduira à la nomination des futurs parlementaires, il ne faut pas sous-estimer l’effet des conjonctions, et nous faisons ici référence à la Chambre du Peuple, même si elles peuvent s’accompagner de promesses de soutien mutuel également pour les Etats, surtout au moment du second tour des élections. Selon les calculs du TagesAnzeiger, les conjonctions ont été décisives pour l’attribution de 12 sièges sur 200 en 2019. Les Verts libéraux en ont particulièrement profité.
Et comme, comme déjà mentionné, les élections fédérales sont la somme de 26 élections cantonales, les décisions des partis peuvent varier d’un canton à l’autre. Ils sont déterminés non seulement par la proximité politique, mais aussi par les caractéristiques cantonales et les questions tactiques.
Ce qui fonctionne dans un canton peut ne pas porter ses fruits dans un autre. L’alliance entre le PLR et le Centre est donc proposée cette année encore dans les Grisons, mais pas au Tessin, où elle n’a pas été digérée par les électeurs en 2019 (les libéraux-radicaux ont chuté de plus de trois points de pourcentage, les démocrates du peuple de presque deux). Et toujours dans les Grisons, on a regardé avec intérêt l’élection des Verts libéraux, qui sont finalement restés fidèles à l’alliance climatique avec le PS et les Verts après s’être laissés séduire par le milieu bourgeois dont ils sont proches dans d’autres cantons.
Au niveau national, les dirigeants de l’UDC ont fait pression pour une affiliation « générale » au FDP après que les démocrates ont perdu plusieurs sièges lors d’élections ratées il y a quatre ans. Dans certains cantons, le mariage a eu lieu, le plus important à Zurich, malgré une forte résistance: les délégués du FDP ont dû voter trois fois et après deux tirages au sort, le «oui» l’a emporté en juin avec une seule voix. L’enjeu ne concerne pas le Tessin, où l’UDC va de pair avec la ligue.
Le centre s’est plutôt concentré sur la stratégie qui a fait ses preuves il y a quatre ans, ciblant les évangéliques et les Verts libéraux. Les trois partis ont obtenu ensemble huit sièges de plus que ce qu’ils auraient obtenu seuls. A gauche, il y aura enfin des rapprochements entre socialistes et écologistes.
Sur les 618 listes présentées au niveau national, seules 25 ne contenaient pas de conjonction. Au total, 81 ont été annoncées (contre 80 il y a quatre ans), tandis que le nombre de sous-listes est passé de 108 à 118.

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