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Le système de prime d’alerte démographique

by León Paz

Peut-être n’y a-t-il rien sur lequel les économistes, les démographes, les intellectuels, les journalistes et les politiciens s’accordent plus que la nécessité de réprimer l’alarme démographique. En effet, les livres, appels, interviews et conférences sur le sujet se sont multipliés ces dernières années. L’Italie est un pays vieillissant. Non seulement cela signifiera que nous vivrons plus longtemps, ce qui est une bonne nouvelle, mais il y aura de moins en moins de travailleurs pour produire des biens et des services et pour financer les prestations sociales, notamment les retraites et les soins de santé.

Et pourtant, même si cette prise de conscience est généralisée, c’est encore trop d’efforts pour trouver des solutions efficaces, communes et pérennes. Comment l’effondrement démographique sera-t-il inversé ? Comment convaincre les jeunes couples d’agrandir leur famille ?
La proposition dite du « quotient familial » a récemment fait son retour, un mécanisme fiscal conçu pour récompenser ceux qui choisissent d’élever des enfants avec des économies d’impôt importantes. On dit souvent que le quotient familial fonctionnait très bien en France. Et c’est vrai. C’est une déclaration de toute importance et également correcte d’un point de vue historique. Il est donc aisé de comprendre comment et pourquoi le gouvernement Meloni l’envisage comme un engagement programmatique. Cependant, les économistes ont cette fâcheuse tendance à compliquer même les choses (en apparence) simples.

Sommes-nous sûrs, demandent-ils, que ce soit uniquement et uniquement grâce aux relations familiales que la France ait l’indice synthétique de fécondité (pour les non-démographiques, le nombre d’enfants par femme) le plus élevé d’Europe ? En d’autres termes : cet instrument est-il suffisant pour assurer l’inversion de tendance nécessaire ?

La réponse, comme vous pouvez maintenant le deviner, est négative. Pour de nombreuses raisons. La première est qu’un outil seul ne peut rien faire. L’objectif est de révolutionner les comportements individuels et une attitude sociale qui s’est entre-temps imposée. Qu’il s’agisse des déductions fiscales, comme notre pays l’a toujours fait jusqu’à il y a deux ans, du chèque unique, comme il l’est actuellement, ou du quotient familial, comme semble le vouloir le gouvernement, cela ne change pas. Nous ne pouvons pas nous limiter à une seule mesure, aussi bien pensée soit-elle. Que manquerait-il d’autre ? La liste est longue : des offres pour améliorer la compatibilité du temps familial et du temps de travail, comme les congés parentaux, les jardins d’enfants, des horaires scolaires adaptés ; un État-providence plus à l’écoute des besoins des jeunes couples avec de jeunes enfants, qui constituent actuellement la catégorie familiale la plus exposée au risque de pauvreté dans notre pays ; etc. La deuxième raison est que pour être efficace, la mesure ne doit pas être financièrement symbolique.

Combien coûte un enfant ? En tenant compte des crèches, des baby-sitters, de la distribution alimentaire, des couches, des vêtements et des médicaments, les dernières estimations de la Banque d’Italie l’évaluent en moyenne à environ 600 euros par mois pendant les 18 premières années. Bien sûr, la communauté n’a pas à en assumer la responsabilité. Mais que peut faire une mesure qui ne donne à une famille que quelques centaines d’euros par an ? De plus, la mesure doit être équitable. Notre pays, mais nous ne sommes pas les seuls, semble avoir un sérieux problème dans la définition de la richesse et des hauts revenus.

Par exemple, prenons une famille avec un seul enfant et un revenu suffisamment faible pour bénéficier de certains avantages fiscaux, disons environ 15 000 $. Cette famille est susceptible d’avoir droit au montant maximum de l’allocation individuelle, et si elle a la chance d’avoir une communauté qui offre cet avantage, elle pourra également fréquenter gratuitement la maternelle. Au contraire, une famille disposant d’un revenu supérieur de quelques dizaines de milliers d’euros au précédent, disons 50 000 euros, mais avec deux voire trois enfants, bénéficierait du traitement minimum de l’allocation. Un peu comme une famille avec un revenu millionnaire. De plus, la crèche serait à payer en totalité (dans le meilleur des cas environ 500 euros par mois). Et ce n’est pas tout : les revenus d’une même famille tombent déjà dans la tranche d’imposition la plus élevée. Et si les rumeurs de ces jours-ci se confirment, il risque également d’annuler certaines des déductions auxquelles il avait droit auparavant. En bref, les bénéfices sont répartis selon un « U » : les plus bas revenus paient peu d’impôts et reçoivent des subventions sous forme monétaire ou réelle (la garderie gratuite), les très hauts revenus ont tendance à payer des impôts de remplacement peu élevés car ils ne proviennent pas du travail, mais des plus-values ​​; Après tout, les personnes à revenu intermédiaire ne reçoivent pas ou très peu de subventions et paient la plupart des impôts prélevés dans le pays. Même pas intentionnellement, l’une des faiblesses du quotient familial en France est justement cette régression des prestations au-delà d’un certain seuil. Il serait donc logique de n’importer que les aspects vertueux du quotient familial et non pas les injustes également.

Enfin, une autre raison pour laquelle l’action seule ne suffit pas est que l’instabilité politique de l’Italie ne favorise pas la certitude de l’action. Si la culture doit être changée, aucune proposition ne peut avoir d’effets structurels et durables si elle est modifiée à chaque nouveau gouvernement. Il faut dire que le début de la législature est le moment idéal pour commencer à expérimenter. Tant qu’il ne devient pas le énième parmi tant d’autres à avoir une vie courte. Et surtout, que ce ne sont pas toujours les mêmes qui paient.

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