Le centre-droit s’apprête à rejouer la carte d’Elisabetta Casellati lors de l’élection du président de la République italienne. La nouvelle est surenchérie avec force par les médias de la Péninsule en attendant le début du cinquième vote à 11h00. Le nom de l’actuel président du Sénat avait refait surface ces derniers jours mais avait échappé au radar après s’être vu opposer son veto par le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles, soulignant la nécessité de trouver un superpartes et un candidat plus discret (l’avocat Der 75 ans -old a été élu dans les rangs de Forza Italia et est un berlusconien de la première heure).
Aujourd’hui (vendredi), cependant, le front libéral-souverain pourrait faire le blitz à Montecitorio, siège de la chambre où les grands électeurs (députés, sénateurs et délégués régionaux) se réunissent pour élire le successeur de Sergio Mattarella à la plus haute fonction de l’Etat. Pour être élu à l’un des trois premiers tours de scrutin, un candidat avait besoin d’une majorité des deux tiers du collège, à partir du quatrième une majorité simple suffit. Le quorum est donc tombé à 505, alors que le parti de centre-droit ne compte qu’environ 480 électeurs. De la fumée noire est également à prévoir lors de ce tour, car il semble peu probable que les votes du centre-gauche trouvent secrètement le candidat dans les urnes.
Cependant, le vote aura une valeur politique. Il permettra à la Lega, Fratelli d’Italia et Forza Italia de vérifier concrètement les chiffres de leur front. Jusqu’à hier, les votes ont été marqués par une avalanche d’abstentions, de bulletins blancs et du nom de l’actuel président Mattarella, qui a pourtant indiqué à plusieurs reprises qu’il ne serait pas disponible pour un nouveau mandat. Aujourd’hui, cependant, le parti de centre-droit mettra un nom sur le bulletin de vote : celui de Casellati, qui semble avoir envoyé un SMS clair et concis aux personnalités de son entourage politique : « Vous devez voter pour moi ».
Pourtant, l’opération, menée par le leader de la Lega Matteo Salvini, est risquée, selon les journaux italiens : pas tant pour les relations entre les partis de la coalition au pouvoir (la droite, à l’exception des frères d’Italie, siège à Mario L’exécutif de Draghi avec PD et M5S), mais au sein du centre-droit lui-même, qui semble dysfonctionnel, avec la possibilité que des tireurs d’élite puissent contrecarrer une tentative de fuite d’un nom de leur propre formation.
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