La matinée a été marquée par des interventions originales, avec des lectures d’extraits du roman de Keller confiées au professeur Gaetano Oliva, professeur de théâtre d’animation à l’Université catholique. L’écrivain suisse a décrit un Arendt inédit, amoureux de la vérité et de la libre pensée philosophique, mais aussi de la poésie, qui l’a dépeinte dans différents moments, situations et lieux de sa vie, la privant ainsi de l’aura de «l’icône philosophique» que nous ont l’habitude de le restituer dans toute sa tendre humanité.
Ce que nous semblons a en effet, comme l’a souligné le professeur Papa, le mérite de « permettre d’entrer sur la pointe des pieds dans la vie intime d’Arendt et de la raconter avec tact », chaque fois présentée sans l’habituel attrait politique : entouré de la « tribu » de amis et apprentissage et proches ; avec ses jeunes élèves pour leur apprendre à penser par eux-mêmes et à pouvoir se libérer du lest des influences extérieures ; dans la cuisine avec son mari bien-aimé Heinrich Blücher, qui s’occupe des œufs et du bacon, ainsi que des tâches quotidiennes. Et ici, l’auteur suisse réussit effectivement à révéler les sentiments les plus intimes d’Arendt. Le roman se déroule également entre des dialogues serrés et un habile jeu de fiction et de semi-fiction à tendance « presque cinématographique » dont on pourrait facilement dériver un scénario.
Ainsi, au cours de la matinée, Keller a évoqué l’amour d’Arendt pour la Suisse, ses vacances dans le canton du Tessin et, inévitablement, son expérience emblématique et bouleversante de journaliste – en 1961 à Jérusalem – au procès du National Le socialiste Adolf Eichmann. Faites l’expérience qu’en tant que correspondant de Le new yorker, qui deviendra plus tard l’une de ses œuvres les plus connues, La banalité du mal. Un passage existentiel fort pour le philosophe judéo-allemand, la soi-disant « controverse », caractérisée par des critiques et des attaques violentes, dramaturgiquement racontée par le professeur Oliva, conclut les œuvres philosophiques de la matinée par une danse macabre passionnante.
Un voyage narratif, en somme, celui d’Hildegard Keller avec Alessandra Papa dans Negri da Oleggio, à la recherche d’une grande personnalité des années 20 qui l’approchent, jusqu’à son histoire d’une formidable femme pensante se liant passionnément à l’humanité.

« Entusiasta de la web aficionado. Creador galardonado. Experto en música extrema. Wannabe analista. Organizador. Erudito de la televisión amigable con los inconformistas. Gurú de Twitter ».
