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Antenne anti-pédophilie dans le sens de la fermeture – RSI Radio Télévision Suisse

by Javier Tejera

L’association « IO-NO » a suivi une quinzaine de personnes en un peu moins de deux ans via sa ligne d’écoute. Des personnes qui utilisent de la pédopornographie et qui veulent arrêter mais ne savent pas comment faire, des professionnels qui réfèrent des patients avec ce type de problème, des membres de la famille qui contactent l’association « parce qu’ils ont découvert que le partenaire utilisait du matériel pédopornographique ». « La première chose qu’ils nous demandent », a déclaré la réalisatrice Sarah Gamper à RSI, « sont des informations. Parce qu’ils sont totalement confus et ne savent pas vers qui se tourner. » Le travail d’IO-NO est donc d’écouter puis de référer les gens vers ceux qui peuvent les aider.

Toujours en 2022, IO-NO a répondu à plusieurs appels, même si « on dirait qu’il est fermé, même s’il n’est pas encore définitivement fermé ». En effet, IO-NO fait face à des problèmes économiques et de reconnaissance. En 2022, elle a pu lever un budget d’environ 50 000 francs. Le canton du Tessin a fait don de dix mille francs (avec la promesse de 5000 autres en cas de bons résultats) via le fonds Swisslos, le reste provient de la Confédération et de quelques particuliers. Un nombre qui ne suffit pas, estime Sarah Gamper, car l’association « a besoin de professionnels capables de suivre ces personnes » et le professionnalisme paie. Il est également difficile pour les fondations privées de récolter des fonds car « le message ne passe pas qu’on aide les jeunes en évitant de nouvelles victimes, en aidant les personnes ayant des pulsions sexuelles envers les mineurs ou les enfants ».

DSS : « Contribution par objectifs »

Les particuliers sont donc en difficulté, d’où l’importance d’un accompagnement de la part de l’organisme public. Nous avons demandé au ministère de la Santé et des Affaires sociales (DSS) de confirmer qu’ils ont décidé de soutenir l’association en 2022, mais aimerions voir les résultats de cette année pour comprendre si le soutien doit se poursuivre et augmenter le cas échéant. « Ce qui se passe, c’est qu’une contribution est versée en fonction d’objectifs qualitatifs et quantitatifs ». A la fin de l’année, « les données seront donc analysées et si l’association a des difficultés, mais que le travail est jugé digne, alors le financement sera ajusté si nécessaire », explique la DSS.

Un service similaire à IO-NO est soutenu par le secteur public dans le canton de Vaud et en Suisse alémanique. La promotion de la création de ces structures était, entre autres, un besoin commun du Conseil d’État tessinois, qui l’a consigné dans un message adopté par le Grand Conseil en 2019. Alors pourquoi ne pas y croire pleinement ? « Parce que c’est précisément l’avenir du service qui est évalué par les résultats réels de l’activité. »

L’avenir de ce service d’écoutes et de prévention au Tessin est donc plus incertain que jamais.

SEIDISERA / FrCa


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