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Peut-être pas de « Lex Cina » – RSI Radio et télévision suisses

by Javier Tejera

Le Conseil fédéral a décidé mercredi de ne mettre en place aucun contrôle systématique des investissements étrangers en Suisse. Si les associations professionnelles expriment leur soulagement, la partie n’est pas gagnée au niveau politique et un bras de fer entre gouvernement et parlement – où il pourrait y avoir une majorité positive – sur la soi-disant « Lex China » est à prévoir. .

L’exemple le plus frappant est peut-être le groupe agrochimique bâlois Syngenta, qui s’est retrouvé entre les mains d’un géant étatique chinois, mais il y a aussi les sociétés de services aéroportuaires SR Technics, Gategroup et Swissport qui ont été reprises par une société chinoise. Les entreprises étrangères investissent dans les entreprises suisses et dans le savoir-faire suisse, une stratégie ciblée, selon le conseiller central Beat Rieder. « Le risque est une dépendance croissante vis-à-vis d’autres Etats et de sociétés étrangères qui reprennent les services publics centraux pour la Suisse », a-t-il déclaré à Radio SRF.

Syngenta dit oui à ChemChina

TG 12h30 le vendredi 05.05.2017

Le sénateur valaisan Beat Rieder est le père politique de la soi-disant « Lex China », qui peut convaincre le Parlement de la nécessité d’introduire une obligation de contrôle des investissements étrangers. Cependant, les plans ont maintenant été rejetés par le Conseil fédéral qui, après avoir entendu les associations économiques, les cantons et les partis politiques, est arrivé à la conclusion que l’audit obligatoire affaiblirait la place économique. Alternativement, l’exécutif propose de limiter les contrôles aux cas où des risques potentiels existent réellement, à savoir les investissements d’entreprises étrangères contrôlées par l’État dans des secteurs critiques pour la Suisse, tels que l’armement, la production d’électricité, les infrastructures de santé ou les télécommunications.

Une suggestion naïve, selon Rieder : « Dans certains pays, cette distinction entre entreprises publiques et privées n’est pas possible et les gros investissements à l’étranger sont toujours convenus avec l’Etat. »

Economiesuisse avec le gouvernement: « Risque de contre-mesures, mieux vaut les peser au cas par cas »

Comme déjà évoqué, la faîtière économique Economiesuisse ne se voit pas soulagée de la même manière par la décision du Conseil fédéral. Pour Jan Atteslander, membre du directoire, les autorités devraient en effet examiner le cas individuel et « être particulièrement prudentes lorsque des sociétés d’économie mixte entrent en jeu dans des secteurs critiques pour la Suisse ».

Dans le cadre de contrôles systématiques, il pourrait y avoir un risque de prendre des contre-mesures : « Cela s’applique en cas de discrimination d’entreprises privées », souligne Atteslander, « alors qu’il ne se passera pas grand-chose si nous nous limitons aux secteurs sensibles, si vous pensez-y, il ne se passe pas grand-chose là-bas en ce moment.» Il n’y a aucune tentative de reprise de ces entreprises suisses.»

Enfin, economysuisse part du principe que les priorités des activités étrangères seraient ailleurs, par exemple dans la lutte contre la cybercriminalité et la défense de la propriété intellectuelle.

Mais le Conseil des États Rieder ne baisse pas les bras, fort du soutien que son idée de « Lex China » a trouvé parmi les partis de gauche et du centre. Il est donc possible que le Parlement contredise à nouveau le Bundesrat.

Plus de contrôles sur les rachats d'entreprises suisses

TG 20 du mercredi 06.06.2018

RG Olgiati/dielle


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