L’affaire des anciens disques durs d’ordinateurs du ministère cantonal de la Justice, qui se sont retrouvés dans les cercles de la drogue et des feux rouges, a secoué l’actualité politique à Zurich. Certains parlementaires réclament une commission d’enquête et pointent du doigt l’actuelle cheffe de département, la socialiste Jacqueline Fehr. Fehr, qui a présenté ce matin sa version des événements à la presse.
Les nouvelles de la radio RSI ont reconstitué cette histoire : Tout a commencé par un discours au Grand Conseil la semaine dernière ; Valentin Landmann, député UDC et avocat bien connu des cercles rouges, demande des éclaircissements sur les données sensibles qui se sont retrouvées entre les mains d’un de ses clients qui est actuellement jugé pour des problèmes de drogue. Il s’agit de rapports psychiatriques, de documents judiciaires, d’adresses ou de numéros de téléphone de procureurs et de juges – en bref, du matériel brûlant.
Mais comment l’a-t-il obtenu ? Directement du ministère de la Justice, qui a confié à son frère de vieux disques durs et ordinateurs à éliminer entre 2006 et 2012. Apparemment sans s’assurer que tout le contenu a été supprimé ou détruit.
Et cela nous amène à mardi matin.
Non professionnel, négligent, peut-être pénalement pertinent, en tout cas inacceptable : la conseillère d’Etat socialiste Jacqueline Fehr condamne ces faits à coups d’adjectifs, mais s’en distancie aussi. Tout cela remonte aux années précédant son entrée au gouvernement. Et selon les résultats de l’enquête administrative présentés par Fehr, quelque chose comme ça ne pourrait plus se produire aujourd’hui.
Entre-temps, cependant, les partis bourgeois ont déjà demandé une commission d’enquête parlementaire et semblent déterminés à faire avancer cette motion au parlement : ils veulent avant tout savoir pourquoi le public n’a pas été informé. Ainsi dans le viseur se trouve Jacqueline Fehr, qui connaît cette histoire depuis 2020. Mais au-delà de cela, certaines questions restent sans réponse, et on ne sait pas combien de données sensibles sont tombées entre de mauvaises mains. Et aujourd’hui, nous avons appris un autre fait gênant pour la conseillère d’Etat : en 2019, les documents papier ont donc été éliminés sous sa responsabilité, probablement aussi les accords passés pour l’élimination des anciens ordinateurs. Sur ce point précisément, le ministère d’Etat zurichois a annoncé ce matin qu’il avait ouvert une nouvelle branche d’enquête sur cette affaire. Il est donc possible qu’il y ait encore des séquelles judiciaires et politiques. Zurich est également prise dans le climat de la campagne électorale : au vu des nouvelles nominations au gouvernement et au parlement en février, Jacqueline Fehr et son parti socialiste auraient préféré se passer de ce scandale.

« Entusiasta de la web aficionado. Creador galardonado. Experto en música extrema. Wannabe analista. Organizador. Erudito de la televisión amigable con los inconformistas. Gurú de Twitter ».
