Des députés de la Commission parlementaire allemande de défense sont à Tel-Aviv, où ils ont eu l’occasion de s’enquérir ce mardi mardi du système de défense antimissile Arrow 3. L’Allemagne, actuellement très vulnérable à ce type d’attaque, a annoncé la chancelière ces dernières semaines. verbalement à Olaf Scholz, qui dépensera 100 milliards d’euros supplémentaires pour moderniser son armée. Même un parti pacifiste comme les Verts n’y voit aucune objection.
Mais ce n’est là qu’un exemple de la course aux armements accélérée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’évolution des dépenses militaires mondiales de 1988 à 2020 (SIPRI)
Mais Moscou est loin d’être parmi les pays qui investissent le plus dans sa capacité militaire SIPRI à Stockholm, rappelle l’expert Achille Lodovisi dans une interview à SEIDISERA, « en 2020 les Etats-Unis ont dépensé à eux seuls 778 milliards de dollars, la Chine 252 et les trois pays européens les plus importants (Allemagne, France, Grande-Bretagne) réunis plus de 164 milliards ». La Russie s’est arrêtée à 61 et même en pourcentage du PIB, elle n’est que 10e dans un classement mené par Oman.
Top 10 des pays dépensiers (SIPRI)
« Quelque chose ne va pas », insiste Lodovisi, car même ceux qui dépensent le plus craignent la détermination du Kremlin « à poursuivre ses objectifs de politique étrangère ». Washington exhorte les pays de l’OTAN à investir au moins 2% de leur produit intérieur brut dans ce secteur, en 2020 12 membres ont atteint cette proportion (dans l’ordre des États-Unis avec 3,7%, la Turquie et la Grèce avec 2,8%, l’Estonie, la Lettonie et la Roumanie 2,3%, Pologne et Royaume-Uni 2,2%, France, Lituanie, Monténégro et Portugal 2,1% En 2019, 9 avaient été ajoutés et sur les 30 seule la Bulgarie a réduit ses dépenses sur la période .
Dépenses militaires en pourcentage du PIB en 2020 (SIPRI)
Mais qui en profite maintenant ? La dépendance vis-à-vis des États-Unis « risque de s’amplifier », explique Lodovisi, car « les cinq premières entreprises manufacturières ont toutes leurs activités aux États-Unis et 12 des 25 premières, tandis que 8 sont européennes et 4 sont chinoises ». « L’Europe est dans une position subordonnée », ajoute-t-il.
Le « morceau » des 15 pays dépensant le plus (SIPRI)
Des forces régionales émergent
Les dépenses militaires risquent de devenir le moteur de l’économie mondiale après la pandémie. Et la course aux armements est en train de changer l’équilibre. Comme l’explique l’expert, on assiste à « la montée en puissance de puissances à vocation régionale, comme la Turquie, l’Inde,… ». En Asie, il y a le problème de Taiwan, du Japon et de la Corée du Sud. Il existe plusieurs points de friction où la vieille idée selon laquelle les Russes y commandent et les Américains y commandent ne s’applique plus. Il est donc probable que dans un monde définitivement multipolaire il y ait un retour aux armes (…) même pour ceux qu’on croyait aux commandes à travers les conventions et les bilans moites de la guerre froide ». La conclusion ne peut donc que être pessimiste : « C’est une époque très risquée », conclut Lodovisi, « beaucoup plus risquée que la guerre froide ».

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