Un demi-siècle de vie
L’embryon d’une Silicon Valley européenne se trouve en France, entre Nice et Cannes, à quelques kilomètres seulement de la Côte d’Azur. Son nom est Sophia Antipolis : Sophia en tant que déesse grecque de la sagesse, mais aussi en tant qu’épouse du scientifique français Pierre Laffitte, fondateur du parc technologique en 1969 ; Antipolis, comme on appelait Antibes dans l’Antiquité, est une ville qui occupe une grande partie du territoire. Sophia Antipolis, technopole de 24 kilomètres carrés, fête cette année son premier demi-siècle d’existence.
Une séquence de bâtiments anonymes
Le parc, qui abrite environ 40 000 travailleurs et près de 2 500 entreprises, a été construit à une époque où la vie universitaire en était encore à ses balbutiements, et dans une zone alors déserte du maquis méditerranéen, sans routes, sans eau et sans électricité. où grives et perdrix. Aux yeux de ceux qui l’ont conçu, il aurait dû devenir le « Quartier latin rural », même si cela n’a jamais été le cas. Le Technopol est constitué d’une série de petits bâtiments à l’apparence impersonnelle, nichés dans une pinède souvent traversée coureur et en partie recouvert de panneaux en anglais.
Un chiffre d’affaires annuel de 5,6 milliards d’euros
Un salarié sophipolitain moyen est diplômé de l’enseignement supérieur, a des collègues étrangers (il y a plus de 60 nationalités différentes dans le parc) et travaille 15 % de plus qu’un salarié moyen parisien. Il abrite des entreprises de toutes tailles, de l’agence de voyages en ligne Amadeus aux petites startups, et dispose de laboratoires privés et publics, comme l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). Technopol génère un chiffre d’affaires annuel de 5,6 milliards d’euros et a créé un millier d’emplois chaque année au cours des cinq dernières années.
« Florence du 21ème siècle »
Comme c’est souvent le cas en France, l’État a été activement impliqué dans la création et le développement du parc ; et L’Oréal a été la première entreprise à acheter une propriété en 1971. L’année suivante, Sophia Antipolis est reconnue sur une plaque comme « Florence du XXIe siècle », mais avant la crise pétrolière et l’échec d’un projet de développement d’un musée d’art moderne cofondé avec Joseph H. Hirschhorn, mécène et ami américain de le peintre Pablo Picasso (qui fut témoin de la pose de la première pierre du Technopol). Il faudra attendre le milieu des années 1980 pour que les choses prennent un véritable essor avec la création de quelques sociétés étrangères. Au gré des cycles économiques, les secteurs au cœur des activités de Sophia Antipolis ont évolué : des télécommunications, à la digitalisation, puis aux biotechnologies et microélectronique, et enfin à la voiture autonome et à l’intelligence artificielle.
Les années de crise économique
Mais avec la crise de 2008, la situation s’est encore aggravée pour Sophia Antipolis : des centaines d’emplois hautement qualifiés ont disparu et au fil des années Texas Instrument, HP, Samsung, Intel et Nestlé ont quitté la technopole. Pour autant, Sophia Antipolis ne se décourage pas. Jean Leonetti, maire d’Antibes, a demandé à l’architecte Jean Nouvel de construire d’ici 2023 un nouvel immeuble de bureaux sur le même site où Xavier Niel, le fondateur d’Iliad-Free, avait promis d’installer une réplique de son incubateur parisien Station F. Un centre commercial avec un hôtel et une lagune artificielle est également prévu, même si les habitants craignent que cela se traduise par plus de voitures et moins de végétation.
Contrairement à un endroit idyllique
Après tout, Sophia Antipolis n’est certainement pas un endroit idyllique. Il n’y a pas de librairie à Technopol, la médiathèque est plutôt modeste et les restaurants ne sont ouverts que le midi. A moins d’être particulièrement sportif, il n’y a rien à faire ici le soir et le week-end. De plus, Sophia Antipolis ne parviendra guère à attirer les sièges sociaux d’entreprises en raison de son éloignement des centres de décision. C’est plutôt l’emplacement idéal pour des bureaux satellites axés sur le développement et le design (comme dans le cas de Toyota, Renault et Mercedes). De plus, l’ambiance est idéale pour stimuler la créativité et l’aéroport Nice Côte d’Azur est à proximité.
Une zone peu stratégique
Quoi qu’il en soit, force est de constater que Sophia Antipolis a encore un long chemin à parcourir pour devenir la « Cité internationale de la sagesse, des sciences et des technologies » souhaitée lors de sa création en 1969 et atteindre son objectif d’atteindre 20 000 habitants. chercheurs a été fondée en 1980. La Technopole est encore une idée dans la tête du scientifique et ancien sénateur Pierre Laffitte, aujourd’hui âgé de 93 ans, qui croit fermement à « l’enrichissement mutuel entre universités, entreprises et artistes ». Son modèle de référence est le Stanford Science Park, qui loue des bureaux à différents industriels attirés par son vivier de compétences. La différence essentielle est que la zone où se situe Sophia Antipolis est beaucoup moins stratégique que celle où se situe Stanford : Voulez-vous mélanger Nice et la Silicon Valley ?

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