Portada » Pesticides interdits : la France et la Suisse en exportent toujours par ces « failles »

Pesticides interdits : la France et la Suisse en exportent toujours par ces « failles »

by Felipina Vences

L’Europe et les différents pays disposent d’un ensemble de règles précises (mais manifestement insuffisantes) régissant l’utilisation, la fabrication et l’exportation des pesticides. Certains sont déjà interdits, mais la France et la Suisse les exportent quand même, profitant des lacunes ou des lacunes majeures de la loi et de ses textes d’application.

Il est juste de dire : « fait la loi trouvé la supercherie‘ mais cette fois ce n’est pas une prérogative italienne.

L’exportation de pesticides interdits depuis la France et la Suisse doit être dénoncée déterré, Plateforme britannique de Greenpeace pour le journalisme d’investigation e yeux du publicune ONG suisse.

Entre autres choses, on parle de chiffres très importants.

Exportation de pesticides interdite en France

Le Gouvernement françaisil écrit dans un communiqué déterré:

autorise l’exportation de plus de 7 400 tonnes de pesticides interdits jusqu’à présent cette année, malgré l’introduction d’une loi historique visant à interdire cette pratique.

On parle notamment de 14 produits chimiques interdits différents Il s’agit notamment des fameux insecticides néonicotinoïdes, qui sont particulièrement dangereux pour les abeilles et dont l’utilisation à l’extérieur est interdite dans l’UE précisément pour protéger les pollinisateurs et donc la biodiversité.

Parmi les substances incriminées figurent les pesticides interdits car perturbateurs endocriniens, génotoxiques ou autrement préoccupants pour la santé humaine.

Cependant, comme je l’ai dit, en France, il existe une loi qui interdit la production et l’exportation de pesticides dont les principes actifs sont interdits dans l’UE. Il s’agit de « loi egalim », entré en vigueur le 1er janvier 2022.

Mais comment la France exporte-t-elle alors des pesticides interdits ?

Comme l’écrivent les deux organisations :

Unearthed et Public Eye ont identifié d’importantes lacunes dans la loi et ses règlements d’application. Celles-ci permettent aux industriels de continuer à exporter de grandes quantités de pesticides interdits depuis la France.

Ce sont donc des lacunes dans la loi, des lacunes qui permettent aux producteurs de continuer à faire ce qu’ils veulent, au détriment de l’environnement et de la santé humaine.

De quelles failles s’agit-il ? Déterré écrit :

La plus grande lacune de l’interdiction française réside peut-être dans la structure de la loi elle-même : elle interdit la production et l’exportation de « produits phytosanitaires » contenant des produits chimiques actifs qui ont été interdits dans l’UE, mais elle n’interdit pas la production et l’exportation de ces mêmes produits chimiques interdits. Cela permet aux fabricants de continuer à produire et à exporter ces produits chimiques interdits en vrac sous leur forme pure depuis la France. Ils peuvent ensuite être dilués et mélangés avec d’autres ingrédients dans le pays importateur pour fabriquer des pesticides prêts à l’emploi.

Mais il y en a un autre. Il s’agit d’un décret publié en mars de cette année qui définit les modalités d’application de la loi Egalim. Selon ce décret, l’interdiction d’exportation ne s’applique pas dans les cas où l’autorisation d’un pesticide à utiliser dans l’UE a simplement expiré sans interdiction formelle.

Dans ces cas, l’exportation des produits ne peut être interdite que par arrêté conjoint exprès des ministres français chargés de l’agriculture et de l’environnement, non encore pris.

Grâce à cette échappatoire, les autorités françaises ont homologué en 2022 plus de 1800 tonnes de pesticides nocifs pour les abeilles comme l’imidaclopride, la clothianidine, le thiaméthoxame et le fipronil.

Comme l’écrit Unerarthed :

L’enquête a obtenu des documents en vertu des lois sur la liberté d’information montrant que la France a autorisé 155 exportations distinctes de pesticides interdits totalisant 7 475 tonnes entre janvier et septembre de cette année. Environ les trois quarts de ces exportations en poids étaient destinées aux pays à revenu faible ou intermédiaire, notamment le Brésil, le Mexique, l’Inde et l’Algérie, où la réglementation a tendance à être plus faible et les experts affirment que l’utilisation de pesticides très dangereux présente des risques plus élevés.

Malgré cela, la loi sert encore à quelque chose. En effet, les licences d’exportation de la France accusent actuellement près de trois quarts de retard par rapport à l’ensemble de 2021.

La situation en Suisse

Dans ce cas, Public Eye fournit les données sur l’exportation de pesticides interdits en Suisse. Dans un communiqué, il écrit :

Des documents demandés par Public Eye à l’OFEV montrent que la Suisse a autorisé l’exportation de plus de 10 tonnes de pesticides contenant du triasulfuron en 2021. Cette substance est classée comme potentiellement cancérigène par les autorités européennes ; En 2016, il a été interdit dans l’UE en raison de préoccupations concernant son potentiel mutagène, la contamination des eaux souterraines et ses effets toxiques sur les organismes aquatiques. En 2022, les autorités suisses ont de nouveau autorisé l’exportation de plus de 10 tonnes de cette substance. Le triasulfuron est l’une des 100 substances dont l’exportation nécessitera une licence à partir de 2021.

Et ce n’est pas un cas isolé. Des documents détenus par Public Eye montrent que le thiaméthoxame, un néonicotinoïde « tueur d’abeilles » soupçonné d’être un contributeur clé au déclin mondial des insectes pollinisateurs, a également été exporté ; le diquat, qui a été interdit dans l’UE en raison des risques extrêmement élevés pour les travailleurs agricoles ; le cancérogène présumé chlorothalonil et le propiconazole, un fongicide classé par les autorités de l’UE comme toxique pour la reproduction.

Malgré le durcissement de la réglementation des exportations entrée en vigueur en 2021, la Suisse exporte toujours des pesticides interdits, des substances dangereuses qui échappent aux règles édictées par le Conseil fédéral. D’ailleurs, votre exportation n’apparaît même pas dans les statistiques officielles.

Mais ce n’est pas tout, écrit Public Eye :

Selon nos recherches, il y a un total de 90 pesticides interdits non couverts par la législation suisse. Bien que toutes ces substances soient soumises à certaines restrictions européennes à l’exportation, elles échappent à tous les contrôles en Suisse et peuvent être exportées sans restriction. Votre exportation est invisible pour les autorités et le public. Cela contraste fortement avec l’intention du Conseil fédéral de renforcer les contrôles à l’exportation des pesticides interdits.

Public Eye demande à la Suisse de mettre à jour la liste des substances concernées par la réglementation des exportations de produits chimiques dangereux, y compris tous les pesticides interdits par la réglementation européenne.

Suivez-nous sur télégramme | Instagram | Facebook | Tic tac | Youtube

Sources: yeux du public / déterré

A lire aussi :

Related Videos

Leave a Comment