Nous revenons pour parler du péage sur le Gothard. Comme on le sait, la proposition au Parlement s’accompagne d’une demande au gouvernement d’étudier comment introduire une taxe dynamique pour les conducteurs : plus chère aux heures de pointe, avec l’espoir de réduire les files d’attente. Un exemple de tunnel à péage existe déjà : celui entre l’Italie et la Suisse sous le Gran San Bernardo en Valais.
Nous avons déjà lu et entendu que les politiciens débattent de l’opportunité ou non de cette mesure, mais une question importante demeure : ce péage, qui est exclusivement sur le sol suisse, serait-il compatible avec les accords bilatéraux existants avec l’Union européenne ?
En effet, l’Accord sur les Transports Terrestres, qui fait partie des « Bilatérales 1 », stipule que l’utilisation des routes est fondamentalement libre. Cependant, il existe des exceptions, les soi-disant « mesures suisses »: Un article autorise les péages pour l’utilisation d’infrastructures alpines spéciales (par exemple, des ponts ou des tunnels). Cependant, il y a une condition : le coût du péage ne doit pas dépasser 15 % des autres tarifs de transit, c’est-à-dire la redevance poids lourds, on parle donc d’un maximum d’environ 40 francs. Le Conseil fédéral a déjà souligné par le passé que le tunnel autoroutier du Gothard pouvait faire partie de ces exceptions. Cependant, il y a un autre aspect important : il ne doit y avoir aucune discrimination entre les citoyens suisses et européens. Il serait donc impossible de percevoir cette taxe uniquement sur les touristes du nord de l’Europe en vacances en Méditerranée.
Pourtant, cette dernière variante serait certainement celle privilégiée par les politiciens suisses… Et on pourrait imaginer un peu de créativité : par exemple la possibilité de déduire les péages effectivement payés de la taxe routière. Toutefois, le Conseil fédéral doit régler ces détails et soumettre des propositions lors de la présentation de la motion.
Le Parlement et le Tessin ont été opposés dans le passé, l’équilibre va-t-il changer ?
Le péage du Gothard a été discuté dans le passé et n’a jamais été introduit. Y a-t-il une chance que cette fois se termine différemment ? A la lecture du message du Conseil fédéral sur la rénovation du tunnel autoroutier du Gothard à partir de 2013, l’une des raisons invoquées contre le péage était qu’il n’existait pas de système de péage électronique et que l’introduction de postes de péage était jugée inappropriée. Aujourd’hui, cependant, la technologie est plus avancée.
Un autre argument de poids était la résistance du Tessin, qui craignait que la population de la région ne soit défavorisée et que le trafic ne soit déplacé vers des routes alternatives sans péage. Mais au final la question est surtout politique : la dernière fois que le Parlement a voté sur l’idée d’un péage, c’était en 2017, beaucoup de députés libéraux verts disent oui, certains de centre-droit, certains libéraux et certains socialistes. Il a fini par n’être que de 32 contre 154. Il reste à voir si les files d’attente récentes suffiront à changer le décompte.

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