Que de Mario Martine C’est un cinéma d’éternel retour, de lieux ancestraux, de dimensions mythiques, de ventre jamais cicatrisé et de présence/absence. Et surtout d’une grande ville mère (Naples) où tout converge. Bien des années après « L’amore molesto » (1995), d’après le roman d’Elena Ferrante, voici un nouveau film, « Nostalgie », qui n’est pas seulement une comparaison avec la littérature d’Ermanno Rea, mais fait également revivre les fantômes du passé, qui nous ramène à Rione Sanità, celui de son dernier film (2019) inspiré de De Filippo. Et il est immédiatement clair que cette nouvelle œuvre est un autre morceau de cette magnifique fresque visuelle et narrative que Martone pousse fébrilement depuis sa création. Le protagoniste Felice (un excellent Pierfrancesco Favino) revient dans son ancien quartier (que vous regardez de haut en bas) après avoir passé quarante ans de sa vie loin de sa patrie. Jeune homme, il a commis un délit mineur aux côtés d’Oreste Spasiano (Tommaso Ragno), son ami d’enfance et compagnon de cascades, jusqu’à la mort d’un homme.. Pour cette raison, Felice s’est éloigné de la ville et à l’étranger. Maintenant qu’il est de retour dans le quartier, il aimerait revoir son vieil ami, mais Oreste est désormais « O Malommo », un patron impitoyable…
« La connaissance réside dans la nostalgie. Celui qui n’est pas perdu ne possède rien », écrivait Pier Paolo Pasolini, et Felice est précisément dans cette dimension, un être humain déraciné, « étranger » à sa propre vie, contraint de retourner là où il a dû fuir pour rétablir les « liens du sang ». Son retour est celui du vrai voyageur, s’aventurant dans les méadri d’un monde toujours le même que lui, mais en perpétuel mouvement. Felice est ainsi une figure « martonienne » classique, c’est-à-dire un habitant des seuils (passant entre les vivants et les morts, entre le passé et le présent, entre le bonheur et la damnation, entre être enfant et être parent) dans une réalité à la fois mythiques et réalistes (encore Pasolini . ..), celles de « sa » Naples, métropole méditerranéenne perméable par excellence, où lumière et ténèbres coexistent et intérieur et extérieur coïncident. Dans sa réflexion sur les rues, dans les immeubles, dans les chambres, ainsi que dans les regards et la peau de « ses » gens, Felice éprouve la douleur d’un traumatisme non résolu en lui-même, projette ce qui est en lui vers l’extérieur. Est-ce la seule issue possible ?
Direction: Mario Martone; Interprète: Pierfrancesco Favino, Francesco Di Leva, Tommaso Ragno, Aurora Quattrocchi ; Scénario: Mario Martone; La photographie: Paolo Carnera; Assemblée: Jacopo Quadri; Distribution: Méduse. Italie/France, 2022, 118′.
À Florence, il est dans ces espaces : Adriano, Fiorella, Portico, Principe, The Space, Uci.
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27 mai 2022 | 17:55
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