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Critique : Je suis noir – Cineuropa

by Felipina Vences

– La journaliste Rachel M’Bon et la réalisatrice Juliana Fanjul donnent la parole aux femmes noires de Suisse, dans un premier pas vers la libération d’une parole étouffée

Intéressé depuis son premier long métrage fille [+leggi anche:
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aux personnages féminins qui vivent silencieusement en marge de notre société, la réalisatrice d’origine mexicaine basée à Genève Juliana Fanjul intégré dans le projet du journaliste et expert en communication suisse presque comme une évidence Rachel M’Bon cultive depuis longtemps et a atteint son apogée je suis noir: donner la parole aux femmes noires en Suisse, imposer leur image dans un paysage visuel (pensez à la publicité, aux personnalités politiques ou médiatiques suisses, etc.) qui tend à les exclure. Un projet certes ambitieux et complexe qui a contraint Juliana Fanjul à concéder sa légitimité en tant que porte-parole d’une réalité qu’elle n’a pas vécue sur sa peau et la nécessité de le faire pour combler le vide du cinéma suisse (mais certainement pas seulement). questionner.

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Conçu dès le départ comme un portrait choral d’une Suisse aux multiples facettes, je suis noir présenté à FIFDH à Genève, dans le cadre du concours Documentaire de création, il sera sans doute mis en scène par la réalisatrice et protagoniste Rachel M’Bon, qui interrogera un groupe de femmes suisses d’ascendance africaine sur leur rapport à la différence. Les discussions se transforment en réflexions personnelles, celles de la réalisatrice, sur sa propre vie, sur sa tentative constante et ardue de s’immerger dans la foule, jusqu’à l’abandon final, à la libération d’une « différence » liée à elle dans son cas. D’origine congolaise et suisse, qui pourrait aussi s’exprimer dans d’autres (grandes) formes de « déviation des normes » comme l’homosexualité, l’identité trans ou les handicaps physiques ou mentaux.

Les protagonistes du film sont au nombre de six : Bar de Tallulahune caissière de banque qui admet avoir eu des rêves d’enfant de se réveiller blanche un jour et constamment aux prises avec ses propres préjugés sur son apparence ; Brigitte Lembwadioune avocate qui réfléchit aux barrières qu’elle a elle-même érigées pour exprimer sa véritable identité (« Si moi, la première Suissesse noire à avoir été licenciée en tant qu’avocate, je n’ose pas me libérer, qui pourra alors le faire? » dit-elle à le directeur); Carmel heureuxpsychologue défendant une Suisse multiculturelle; Armelle Saunieraussi une caissière de banque qui s’inquiète pour ses enfants et la stigmatisation qu’ils peuvent subir à l’école ; Paula Karl, ex-gogo danseur et écrivain « exotique » ; et l’étudiant de 17 ans Khalisa Akadi essayant de trouver sa voie en tant que Suisse métisse.

Pendant je suis noir a indéniablement le mérite de soulever la question très importante de la visibilité (ou plutôt de l’invisibilité) des Noirs dans le paysage culturel et médiatique suisse, le film aurait gagné en puissance s’il s’était complètement affranchi du binaire entre blanc et non- les blancs, deux catégories en leur sein sont extrêmement complexes (comme l’a souligné la réalisatrice elle-même) et difficiles à gérer en tant que groupes « monolithiques ». En fait, la question de l’origine ethnique soulève une multitude d’autres questions : liées à la situation sociale, à l’orientation sexuelle, aux questions de genre, etc. qui auraient été intéressantes sinon explorées, du moins davantage soulignées. Si la Suisse, comme beaucoup d’autres pays, souffre certes d’un manque chronique de représentants des « minorités » qui méritent sa richesse, le problème a malheureusement des ramifications bien plus profondes, tant territoriales que thématiques.

La colère et la frustration ressenties par Rachel M’Bon, qui l’ont même amenée à rejeter sa propre identité, font la force d’un film qui représente une première étape importante dans la libération d’une parole trop longtemps refoulée.

je suis noir Il est produit par Akka Films (qui s’occupe également de la distribution internationale) en collaboration avec la RTS Radio Télévision Suisse.

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