Depuis 2018, il est co-modérateur du Le jardin d’Albert, l’émission télévisée de diffusion scientifique de la RSE, qui comprend également des contributions web pour le monde scolaire. Biologiste de formation, Christian Bernasconi est membre de la Commission suisse pour l’UNESCO et ancien membre de la Commission fédérale du Parc national suisse. Il est co-auteur du projet de cette série sur les parcs naturels suisses d’importance nationale.
Christian, quand et comment est née votre passion pour les sciences ?
Grâce aux randonnées en montagne avec ma famille, elle est née très jeune. Mes parents m’ont toujours encouragé à être dans la nature et à être curieux du monde qui m’entoure, et m’ont aussi permis de poursuivre mes études à l’université. De plus, du primaire à l’université, j’ai eu la chance de rencontrer de bons professeurs qui m’ont transmis leur grande passion pour les sciences et plus particulièrement la biologie.
Les espèces animales et végétales disparaissent de plus en plus vite à cause des activités humaines. Dans la série Rendez-vous dans le parc, on parle souvent de biodiversité. Que faire pour empêcher son déclin, qui aurait de graves conséquences pour la société, l’économie et la santé humaine ?
Les parcs d’importance nationale sont l’un des outils disponibles pour développer un mode de vie et de travail plus durable en faveur de la biodiversité. L’un des objectifs de cette série est justement de montrer que les activités humaines et la biodiversité peuvent trouver le juste équilibre. Chacun peut y faire quelque chose : si vous avez un jardin par exemple, vous pouvez opter pour un espace plus naturel et moins « pelousé ». Un excellent exemple est l’épisode sur le parc régional de Schaffhouse avec les jardins naturels d’Osterfingen. Mais la promotion de la biodiversité passe d’abord par le respect de chaque forme de vie, y compris celles qui semblent (injustement) moins fascinantes à nos yeux, comme les insectes.
Alberts Garten, que vous dirigez avec Cecilia Broggini, est un magazine populaire sur la science, la nature et la technologie. Comment expliquer à un public profane des sujets parfois complexes et souvent confinés aux revues professionnelles ?
L’élément fondamental est la connaissance du sujet et l’étude. Mieux vous connaissez un sujet, mieux vous pouvez le résumer et le simplifier. Parce que, surtout en ces temps, il est important de rapporter honnêtement et d’éviter les demi-vérités ou les fausses nouvelles.
Pour moi, être un chercheur actif est un grand avantage car cela m’aide à sélectionner les informations clés sur un sujet que je veux transmettre au public. J’ai appris que lorsque vous êtes à la télévision, vous devez aller droit au but et éliminer les gadgets sans importance.
De plus, une formation est nécessaire et il est bon de connaître quelques astuces. Par exemple, j’essaie toujours de me mettre à la place de quelqu’un qui suit Albert’s Garden. Pouvoir expliquer les choses même à « la grand-mère » est une philosophie qui me permet de garder un langage simple. Au fil des ans, j’ai suivi quelques grands vulgarisateurs comme Piero et Alberto Angela, D. Attenborough ou EO Wilson pour n’en nommer que quelques-uns, essayant de temps en temps de voler la profession et de m’améliorer.
La lutte contre le changement climatique nécessite une action sur plusieurs fronts. Comment le monde scientifique peut-il influencer les décisions des politiques et des citoyens en faveur de l’environnement ?
Le travail des chercheurs nous permet d’accumuler des connaissances et de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Sur la base de ces informations, le monde politique est alors appelé à prendre des décisions en faveur du bien commun. C’est précisément pour cette raison que je crois que le monde scientifique doit continuer à favoriser sa diffusion, d’une part pour entretenir et renforcer une relation de confiance avec les politiques et le public et d’autre part pour rendre les résultats de la recherche accessibles à tous. Il est important que des informations correctes et objectives soient disponibles et compréhensibles pour tous, tant les acteurs politiques que chaque citoyen. Ce n’est qu’ainsi que chacun pourra prendre les meilleures décisions en faveur de l’environnement.
Pendant la pandémie, les gens ont redécouvert la joie d’être dans la nature et de marcher à l’extérieur. Une mode ou un nouveau mode de vie ?
L’espoir est qu’à partir des difficultés rencontrées pendant la pandémie, il sera possible de créer un nouveau mode de vie, plus en phase avec la nature et, également grâce aux progrès technologiques, de développer et de renforcer des habitudes qui peuvent nous aider davantage à prendre soin de l’environnement. Je pense notamment à la transition énergétique, à la revalorisation et à la protection du milieu naturel, etc. Après tout, la planète Terre est notre maison et il est bon que chacun en prenne soin. Et pendant la pandémie, nous avons tous compris la valeur de pouvoir sortir et être à l’aise en pleine nature.

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