En France, le débat sur le carnet de vaccination prend une tournure très politique. Ce dispositif équivalent 2G doit encore être validé par le Conseil constitutionnel dans les prochains jours. Et tous les candidats aux élections présidentielles se positionnent sur cette question.
Comme dans de nombreux pays, il y a ceux qui disent défendre les libertés et ceux qui prônent des restrictions au nom de la santé publique. Mais en France, le contexte électoral et la culture politique rendent ce débat particulièrement houleux.
Les fronts se durcissent, surtout après le verdict controversé d’Emmanuel Macron Dans la presse à la stratégie « baise les non-vaccinés ».
>> Relisez : Emmanuel Macron a décidé « d’embêter » les non-vaccinés « jusqu’au bout »
Au-delà du clivage gauche-droite
Dans le camp des anti-pass, à l’extrême droite, on retrouve Marine Le Pen. De son côté, Eric Zemmour juge que ce pass est inutile, mais il n’en est pas le critique le plus virulent. Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot en ont fait leur combat quasi unique. Ils parviennent à mobiliser la rue, mais leur poids électoral reste marginal dans les sondages.
Oui #BruleTonPass ! C’est le beau symbole de la flamme de la Résistance française !
Pour cela, les restaurateurs et autres doivent commencer à ne plus rien contrôler du tout ! Brisons nos chaînes !— Florian Philippot (@f_philippot) 18 janvier 2022
A gauche, Jean-Luc Mélenchon est également impliqué dans ce combat. Le tribun de La France insoumise, grand défenseur de l’aménagement et de la régulation dans de nombreux domaines, se mue en farouche défenseur des libertés individuelles.
Le discours antipass le plus à gauche prend parfois des intonations antivax. Jean-Luc Mélenchon avait affirmé début 2021 qu’il ne s’injecterait en aucun cas le « truc Pfizer » puisqu’il avait pris depuis lors toutes ses doses.
Dans un registre moins tonitruant, mais plutôt brouillon, Christiane Taubira s’est illustrée en refusant d’appeler clairement à la vaccination. Depuis, elle a corrigé la situation. Pendant ce temps, les écologistes réclament une vaccination, mais rejettent le carnet de vaccination.
.@ChTaubira : « Le carnet de vaccination n’est pas un problème pour moi, ce qui est un problème pour moi c’est le fait que les citoyens, comme les restaurateurs, se voient confier le contrôle d’identité de leurs concitoyens » #le79Inter pic.twitter.com/1BlxKhZPU8
– France Inter (@franceinter) 18 janvier 2022
Diviser les droits républicains
Le reste de la classe politique soutient le carnet de vaccination avec des nuances. Devant le Conseil constitutionnel, les partis socialiste et communiste s’en prennent à la disposition du texte permettant les contrôles d’identité. Il existe en France une réelle réticence à ce sujet qui n’était pas présente en Suisse.
Enfin, à droite, la candidate Valérie Pécresse soutient le carnet de vaccination, mais toute sa famille, Les Républicains, ne la suit pas. Les oppositions modérées tentent de faire amende honorable : elles acceptent le principe du passeport santé sans offrir à Emmanuel Macron les avantages politiques.
Carnet de vaccination : « Le Sénat veut qu’il se réduise dans la durée, qu’il soit supprimé dès qu’on aura un apaisement de la pandémie, et ce sera ma position quand je serai élue Présidente », soutient Valérie Pécresse pic.twitter.com/zxys4Jq6fj
— Franceinfo (@franceinfo) 10 janvier 2022
Alexandre Habay / vajo
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