Les éditeurs Einaudi et Mondadori se sont battus pour acquérir l’œuvre de Lukács, initialement publiée par les éditions de Turin avec la publication des écrits esthétiques « Marxisme et critique littéraire ». Cette histoire, née de la correspondance entre le philosophe et Cesare Cases, est également proposée dans le volume Lettres aux Italiens. Lettres à Cesare Cases, Alberto Carocci, Guido Aristarco, Aldo Zanardo, Elsa Morante (édité par A. Infranca, Milan, Edizioni Punto Rosso, p. 134, 17 euros).
IL Y A BEAUCOUP DE PROBLEMES abordée dans la correspondance. Citons notamment le message envoyé par Lukács à Cases à propos de son voyage à Florence en mai 1956, qui donna lieu à une rencontre avec Delio Cantimori. Compte tenu en particulier du débat sans fin sur le prétendu stalinisme du philosophe hongrois, il est intéressant que l’historien italien (dans certaines lettres de sa correspondance avec Gastone Manacorda) souligne les nombreuses conversations avec Lukács et l’admiration sincère pour Lukács. dire que « la tâche était de repartir de zéro, d’étudier Marx et Lénine et de combattre les innombrables petits Stalines » qui se sont imposés comme modèle après le dictateur géorgien.
Cependant, la plus grande partie du volume édité par Infranca est occupée par la correspondance avec Cases, qui s’étend de 1953 à 1970. On parle surtout beaucoup des lectures de Lukács (qu’il préférait). Les têtes ont été échangées par Thomas Mann et Le vicomte réduit de moitié de Calvino et louait en même temps la capacité expressive de l’écrivain italien). Il a laissé la tâche de lire le livre à sa femme Gertrud Docteur Jivago et ça l’a énervé Histoire et conscience de classe a été publié en France sans qu’il soit spécifiquement impliqué dans l’affaire. Il s’est disputé avec Benedetto Croce et a écrit qu’il n’avait pas une « haute idée de la philosophie de Croce ».
LA LETTRE datée du 8 février 1962 à Alberto Carocci, plus connue sous le nom de Lettre sur le stalinisme, publiée le Nouveaux sujets et à partir de huit questions sur le stalinisme que le journaliste italien a envoyées à des intellectuels et des hommes politiques, il permet à Lukács de montrer « que le cas Staline n’est pas du tout (…) une affaire d’erreurs spéciales et occasionnelles, mais d’un mensonge ». « un système d’idées qui émergeait petit à petit » et dont les effets néfastes étaient toujours actifs.
Lettres avec Guido Aristarco, à partir desquelles a commencé la collaboration du philosophe hongrois avec la revue Nouveau cinémaIl convient de rappeler la référence à Chaplin, qui, bien que jamais marxiste, souligne que grâce au cinéma, Lukács a établi « l’image de l’homme en danger, sa lutte pour sa conservation » dans le monde de l’aliénation et de la manipulation les plus impitoyables.
De plus, le volume contient une lettre de 1963 adressée à Zanardo, actuel codirecteur de Critique marxiste, sur le jeune Marx et trois lettres des années 1968-1970 à Elsa Morante. C’est Cases lui-même qui, dix ans plus tôt, avait éveillé l’intérêt de Lukács pour l’œuvre de Morante à tel point que le philosophe lut « Menzogna e sorcelegio » (dans une traduction puisque, selon ses propres dires, « lors de sa déportation en Roumanie après la Révolution de 1956 Menzogna e sorcelegio” lire). Je n’ai pas appris l’italien).
PAR LETTRE du 30 novembre 1970, dernier volet du recueil, Lukács invite l’écrivain à participer à la campagne qu’il a lancée pour la libération d’Angela Davis. C’est précisément dans le cadre de cette campagne que le philosophe hongrois a échangé des lettres avec Berlinguer, comme si, comme l’écrit Infranca, il voulait souligner encore « la vivacité de l’intérêt de Lukács pour l’Italie ».

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