Ce n’était pas une grande chance d’être né dans l’ex-Yougoslavie à la fin du XXe siècle. Puis les choses se sont améliorées, par exemple pour ceux qui ont échappé à l’enfer des années 1990 et ont trouvé l’hospitalité en Suisse. Un pays admirable à plusieurs points de vue, à commencer par l’équilibre et la stabilité acquis après un voyage de plusieurs siècles de coexistence difficile et ardue de sa diversité. Un pays qui est devenu chez soi et chez soi. Comme n’importe quel autre pays dans le monde, ce n’est pas un pays parfait.
« Tant que tu n’es pas slave »
Un garçon de 9 ans qui n’a plus de passion pour le hockey le sait car on le traite de « slave de merde » dans les vestiaires. Le sait aussi un jeune de 17 ans qui, après avoir raté le dernier bus samedi soir, est emmené aujourd’hui par un homme politique important qui, lorsqu’on lui demande pourquoi il ne parle pas un dialecte, siffle d’une manière un peu rassurante : « Comme .. » tant que vous n’êtes pas slave. Et cela aussi, un journaliste le sait, à qui une personne interviewée donne régulièrement son nom de famille. Parmi les plus notables se trouve un maire. A des questions par ailleurs anodines sur un projet communal, il répond avec beaucoup d’élégance : « Mais êtes-vous sûr d’avoir bien compris ? » Non, car ce nom de famille n’est pas celui des nôtres… » Dans le doute quant à savoir s’il doit lui envoyer le capture d’écran du Le journaliste obtient une maîtrise en littérature et linguistique italiennes ou souligne que son nom de famille n’est pas non plus super ticinés.
La campagne devrait être retirée pour la Commission fédérale contre le racisme
C’est du racisme, bébé. Heureusement, seule une minorité est explicitement raciste. Mais il est inquiétant de constater que le parti à majorité relative flirte régulièrement avec ces sentiments. L’un des thèmes choisis par l’UDC pour la campagne électorale actuelle pour les élections fédérales est le lien entre la criminalité et les étrangers. Bien sûr, nous nous serions tous attendus à des affiches montrant à quel point les étrangers contribuent au bien-être et au fonctionnement du pays. Et à la place, étonnamment, sur les affiches « La nouvelle normalité ? » Certains cas d’actualité sont répertoriés avec la nationalité des responsables. « Les Européens du Sud attaquent une vieille femme » ; « Un Serbe attaque un Suisse avec un couteau » ; « Un Syrien vole une femme » : ce ne sont là que quelques-uns des slogans tirés des reportages sélectionnés par l’UDC. Un mode de communication qui, exceptionnellement, a suscité la polémique et a également conduit la Commission fédérale contre le racisme à intervenir et à demander le retrait de la campagne.
Udc : « Des allégations insupportables »
Pour les commissaires, le contenu «déforme la réalité et donne l’impression que seuls les étrangers sont responsables des crimes en Suisse» et contribue à alimenter le sentiment de peur envers les étrangers. Les démocrates ont rejeté ces allégations et parlé d’« insinuations insupportables », mais ont souligné que la proposition était censurée et violerait les libertés constitutionnelles. La fameuse « liberté » que certains disent absolue et qui permet de tout dire et de tout faire. Nous savons que ce n’est heureusement pas le cas.
Message inutile et nuisible
L’objectif de la campagne est que « ceux qui veulent que les étrangers criminels soient enfin systématiquement expulsés » votent pour l’UDC. Les règles d’expulsion des criminels étrangers sont désormais en vigueur depuis 2017 et quiconque suit l’actualité judiciaire n’aura pas manqué de constater qu’elles sont régulièrement appliquées. Cependant, ce que l’on entend par « systématique » n’est pas clair. Des versions d’essai par publipostage ou encore mieux sans ? La campagne est non seulement inutile mais aussi nuisible. C’est une chose de débattre des crimes, des crimes, des auteurs et des causes, peut-être de manière raisonnée et documentée. Une autre solution consiste à associer les crimes de haine aux nationalités individuelles, attisant ainsi la méfiance et les préjugés. L’objectif de la politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, est également de promouvoir de manière constructive l’intégration et l’inclusion. Vous pouvez même y parvenir en vous présentant comme un défenseur de la sécurité. Mais cela ne semble pas être la bonne voie à suivre. Et excusez le gros mot.

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