Aux États-Unis, où il est commercialisé sous le nom d’OxyContin par la société américaine Purdue Pharma depuis 1996, cet antalgique puissant, comme la morphine, est essentiellement réservé aux douleurs sévères résistantes aux autres traitements, notamment dans les tumeurs. Mais l’abus de prescription a été responsable de centaines de milliers de décès.
Selon l’équipe Inserm Neuro-Dol et l’Observatoire français des antalgiques, la consommation d’oxycodone en France a certes augmenté de 738 % entre 2006 et 2017, notamment pour les douleurs non cancéreuses. Mais le nombre de patients traités avec ce puissant opioïde était de 310 000 en 2021, soit 0,46 % de la population. « L’oxycodone reste naturellement dans le collimateur comme les autres opioïdes, mais les données de 2021 et 2022 montrent que l’augmentation est limitée, passant d’une moyenne de 1% à 2% dans la Région depuis 2017 », confirme Maryse Lapeyre – Mestre, responsable de la Centre d’information et d’évaluation des toxicomanies – Vigilance toxicomanie à Toulouse.
Un profil addictif
Cependant, dans un communiqué du 22 mai, la SFPT a mis en garde contre les progrès réalisés ces dernières années, soulignant qu' »il n’y a pas d’argument pour préférer la prescription primaire d’oxycodone à la morphine ».
L’oxycodone a « un effet dopaminergique plus puissant et plus durable que la morphine, qui peut être associé à un profil de dépendance plus fort. Des interactions médicamenteuses sont également susceptibles de se produire », prévient également la SFPT.
« Il faut aller plus loin dans l’analyse de ces données et regarder en Nouvelle-Aquitaine pour voir s’il y a moins de prescription de morphine, que ce soit le cancer, ou que ce soit des prescriptions individuelles », explique Nicolas Authier, psychiatre addictologue à l’Université de Clermont-Hôpital. Ferrand.
De manière générale, les analgésiques opioïdes sont étroitement contrôlés en France en raison du risque d’abus, d’addiction et de décès, selon un rapport de 2019 de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. La Haute Autorité de Santé a récemment présenté des recommandations sur ces antalgiques, utiles pour le soulagement de certaines douleurs (cancéreuses, postopératoires, traumatiques). Mais « la première prescription postopératoire doit être au plus tard quatorze jours et au plus tard trois à cinq jours après une visite aux urgences ».
L’usage d’oxycodone et de morphine reste parmi les opioïdes dits « faibles », avec en tête le tramadol (7 millions de personnes en 2021), la codéine en association (5 millions) et la poudre d’opium en association avec l’acétaminophène (4 millions).
(Pascale Santi dans Le Monde du 06.07.2023)
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