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Mirante: « Crédit Suisse, il suffisait de lire la presse internationale… »

by Javier Tejera

par Amalia Mirante

Aujourd’hui, le temps semble devoir nous donner un autre jour de pluie. Cependant, la pluie ne sera pas un obstacle aux manifestations qui auront lieu aujourd’hui, 1er mai, fête du travail, dans de nombreux pays à travers le monde. Nos meilleurs vœux à tous les collaborateurs, qu’ils retrouvent un peu de paix et de sérénité dans le monde du travail.

Résumé de la semaine et développement

Notre actualité économique du dimanche avec Amalia commence par une perspective internationale. Les rapports de prix sont encourageants. Aux États-Unis, l’IPC a augmenté de 4,2 % en glissement annuel en mars, contre 5,1 % en février. En Allemagne, la baisse a été moindre mais toujours positive : l’inflation est passée de +7,4% en mars à +7,2% en avril (chiffre estimé). En revanche, des données moins prometteuses viennent de France avec un plus de +5,9% (vs. +5,7% le mois précédent) et d’Espagne, où un plus de 4,1% est attendu en avril contre 3,3% en mars ( Les experts s’attendaient même à une augmentation de 4,4%). Bien que le défi des prix demeure, la croissance du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre a soulagé des pays comme l’Italie et l’Espagne. Les deux pays ont enregistré une croissance trimestrielle de 0,5%, l’Italie même une hausse de 1,8% sur l’année. Globalement, la zone euro a enregistré une croissance trimestrielle faible (+0,1 %) et une hausse annuelle de 1,3 %. Cependant, l’Allemagne, moteur économique de l’Europe, suscite des inquiétudes. L’Allemagne affiche un fort ralentissement économique, confirmé par la stabilité du PIB trimestriel (+0,0%). S’il s’agit d’un résultat positif par rapport à la baisse du trimestre précédent (-0,5 %), il reste inférieur aux prévisions des économistes de 0,3 % de croissance. L’Office fédéral de la statistique note que depuis le début de 2023, tant le budget que les dépenses publiques ont diminué, ce qui dans le premier cas indique une méfiance qui pourrait également avoir un impact dans les mois à venir.

Et il est primordial de surveiller l’évolution du produit intérieur brut, puisque les effets de la politique monétaire des banques centrales ne se sont pas encore pleinement manifestés. La Banque centrale du Japon vise une inflation de 2 % (rappelons que les taux d’intérêt au Japon sont très bas et pourtant la demande intérieure ne progresse pas et ne génère donc aucune augmentation de la production et de l’emploi), tandis que la Banque centrale de Turquie suit une autre approche que la théorie économique traditionnelle. Cependant, la plupart des autres grandes banques centrales ont mis en place des politiques monétaires restrictives ces dernières années. Et c’est la Réserve fédérale (Fed) qui a récemment reconnu un certain nombre d’erreurs dans l’affaire de gestion de la Silicon Valley Bank (SVB) dont nous avons parlé dans le passé. Ces erreurs sont liées à l’appréciation des risques liés à la croissance de la taille de la SVB et à l’incapacité de la Fed à prendre des décisions fortes. Les mesures et réformes adoptées dans le cadre des accords de Bâle III après la crise de 2008 ne sont peut-être plus adaptées aujourd’hui. Malheureusement, au moment d’écrire ces lignes, une autre grande banque aux États-Unis, First Republic, traverse une période difficile. Ses actions ont chuté de 43% vendredi, tombant à environ 3,50 dollars par action (3,10 CHF) dans un plongeon qui a conduit à une suspension temporaire du titre. Depuis le début de l’année, les actions ont baissé d’environ 97 % en valeur. En conséquence, la Fed devrait à nouveau intervenir. Ces événements soulignent l’importance de la surveillance par les banques centrales et les régulateurs pour assurer la stabilité du système financier et prévenir des crises similaires à l’avenir.

L’Autorité fédérale de surveillance financière FINMA souhaite également plus de pouvoirs pour intervenir dans le secteur financier. Si la FINMA ne dispose pas d’énormes outils, il est difficile d’écarter sa responsabilité dans l’affaire Credit Suisse. Dans son dernier rapport, publié il y a quelques jours, la FINMA soulignait la nécessité de revoir la stratégie d’urgence de Postfinance (nous n’en doutons pas), mais soulignait néanmoins qu’elle estimait que les perspectives du Credit Suisse pour 2022 étaient bonnes. Cette dernière affirmation semble plutôt audacieuse compte tenu du contexte. Selon nous, il aurait probablement suffi de lire la presse internationale pour se rendre compte à quel point les stratégies du Credit Suisse étaient risquées. Ces dernières années, la banque a été impliquée dans de nombreux scandales internationaux et pertes de millionnaires. De plus, les données étaient déjà très claires. Dès novembre 2022, il y a eu une fuite des actifs sous gestion de plus de 84 milliards de francs, soit 6% du total des actifs sous gestion. De telles données auraient dû soulever quelques doutes.

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