Des agents français arrêtent des voitures et contrôlent des trains à la frontière avec l’intention de bloquer autant de migrants que possible et de les renvoyer en Italie. C’est la riposte annoncée jeudi soir par le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin en réponse au refus de l’Italie d’amarrer l’Ocean Viking, et qui a été immédiatement appliquée dès hier. 500 policiers et gendarmes supplémentaires sont déployés à « plus d’une douzaine » de passages frontaliers entre la France et l’Italie, selon les autorités françaises. « Il s’agit des gares, des routes départementales, notamment autour de Menton, mais aussi de Sospel ou de Breil-sur-Roya (dans les Alpes-Maritimes), des autoroutes et surtout de l’A8, des péages et des zones d’utilisation », précise le Direction générale de la police nationale (DGPN).
A la gare de Mentonle premier sur le territoire français, en provenance de Vintimille, chaque train est longuement contrôlé « jour et nuit, sept jours sur sept », précise la commissaire Emmanuelle Joubert, qui dirige la police française des frontières dans les Alpes-Maritimes. Au poste de police de Saint-Louis, sur la route de Menton, des policiers français remettent aux Italiens des migrants qui se sont vu refuser l’entrée en France, et hier après-midi, une douzaine de migrants sans papiers ont été refoulés de France et contraints de traverser à pied la frontière italienne. A l’occasion du « Forum pour la paix » organisé hier à Paris, le président Emmanuel Macron a évoqué le problème migratoire en termes généraux, affirmant qu' »un débat important se déroule actuellement en France, mais il ne sera jamais résolu si nous ne avoir une vraie organisation européenne, qui fonctionne. La coopération internationale est nécessaire.
Si Macron n’a pas abordé le bien-fondé d’un affrontement avec l’Italie, son gouvernement continue de considérer le comportement de l’exécutif italien comme inacceptable et contraire à la solidarité européenne, et cette ligne a été réitérée hier par la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Laurence Boone : « Il y a eu un abus de confiance parce que nous avons assisté à une décision unilatérale qui met en danger de nombreuses vies et est incompatible avec le droit international. « Les traités durent au-delà de la vie d’un gouvernement », a ajouté Boone, faisant allusion au traité du Quirinal signé en novembre 2021 sur une coopération renforcée entre la France et l’Italie et à l’accord sur la répartition des migrants trouvé en juin dernier à l’instigation du Conseil français de l’UE. Présidence.
La France a décidé de les suspendre mise en œuvre en refusant d’accueillir les 3 500 migrants attendus, et Paris a exhorté ses partenaires européens à faire de même, en parlant notamment d’isoler l’Italie. Pour l’instant, cependant, l’Allemagne semble prête à réappliquer le mécanisme – « Nous respecterons les engagements de solidarité tant que Rome le fera » – et l’Espagne aussi semble déterminée à continuer sur la même voie : le mécanisme de débarquement des migrants dans la sphère de sécurité puis de transfert « a bien fonctionné jusqu’à présent », a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares. Rome demande que la question des migrants soit inscrite à la fin de l’ordre du jour du Conseil de l’UE de lundi et attend que l’Europe convoque une réunion spéciale sur le sujet. La réunion pour une nouvelle initiative européenne pourrait également n’avoir lieu que sur le plan technique, mais la participation des ministres de l’intérieur n’est pas exclue et devrait avoir lieu avant le conseil intérieur prévu début décembre.

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