Notre lecteur Pierluigi Casalino nous emmène à la découverte du commerce maritime en Ligurie occidentale à l’époque de l’Empire napoléonien.
L’état de l’économie et du commerce maritime de la Ligurie occidentale, en particulier du département de Montenotte, qui comprenait le tronçon de Savone à Porto Maurizio lors de l’annexion de Napoléon Bonaparte au Premier Empire français, est décrit par le préfet De Chabrol, qui en dirigea la beaucoup. Le commerce maritime en particulier refleurit avec la suppression des droits de douane avec la France et la diligence de divers initiés. Le haut fonctionnaire a salué la capacité des marins liguriens à tirer le meilleur parti des opportunités et à utiliser raisonnablement le temps et les conditions de navigation, ainsi qu’à se procurer des marchandises dans les plus brefs délais. De Chabrol met particulièrement en avant la qualité de la marine de Laigueglia, Alassio, Porto Maurizio et d’autres villes côtières qui ont commercé avec le sud de la France et le Levant pendant des siècles, mais aussi avec l’Espagne et le nord de l’Europe. De Chabrol apprécie particulièrement les marins de Laigueglia qui, selon lui, profitent des vents et des situations calmes pour une pêche plus riche dans laquelle ils sont des maîtres incomparables. Les Laiguegliesi se caractérisent par la patience et la ténacité, ils mangent à jeun même s’ils consomment jusqu’à deux bouteilles de vin par jour ; le matin ils mangent une soupe de pâtes parfois mélangée à du chou (landaetto), le soir ils mangent de la morue et ils ne manquent jamais d’huile et de pain ; Ce sont d’excellents épargnants et parviennent à conclure des affaires avec de grandes compétences en négociation et en spéculation. Ils sont les plus forts du département et ont exercé leurs muscles à un degré extraordinaire, qu’ils ont mis en pratique dans les différents métiers et au service des bateaux, une pratique partagée par les patrons et les simples marins. après tout, même la route la plus mal nourrie semble faire preuve d’une résistance physique remarquable. Aussi les marins d’Alassio se caractérisent par l’habileté et la force et, comme ceux de Laigueglia, s’aventurent dans la navigation au long cours jusqu’en France, en Corse et en Sardaigne, où eux aussi y ont fondé des colonies comme les Portorini et les Laiguegliesi eux-mêmes. d’autres villages de Provence sont des lieux de visiteurs liguriens notables, également en raison des anciennes colonies génoises de la région. Par ailleurs, dès le XVIIIe siècle, les marines de l’ouest de la Ligurie sont confrontées à des traversées océaniques jusqu’à Saint-Domingue et encore plus au sud vers l’Amérique du Sud, avant même les grandes émigrations du XIXe siècle. Dès 1770, écrit De Chabrol, les marins du Ponente poussent vers l’Adriatique et ne manquent pas de développer leurs contacts avec la Russie, la Hollande et les îles britanniques. Comme mentionné, ils étaient non seulement des maîtres du cabotage à petite échelle, mais aussi très efficaces sur de longues distances et maîtrisaient le choix de la cargaison et son dosage au moment du voyage. Porto Maurizio était le centre du commerce du pétrole et la ville liée au Piémont et au Languedoc et à la Catalogne comme Finale, Savone, Pietra Ligure et bien sûr Alassio et Laigueglia. Avec l’entrée de la Ligurie dans l’Empire napoléonien, la recherche de travail sous pavillon anglais, qui prévalait jusqu’alors, s’est réduite. Pas plus tard que la bataille de Trafalgar, il y avait de nombreux Ligures parmi les hommes de Nelson. Et les Ligures s’étaient enrôlés parmi les employés de la Compagnie des Indes, et il y a encore des traces de leur passage dans les dialectes liguriens restants en Afrique du Sud. Le commerce avec la Sardaigne pour le thon était très apprécié, que les habitants d’Igueglia et d’Alassini, ainsi que Bottarga, importaient en grande quantité. Le rapport du préfet De Chabrol ne s’arrête pas à ces thèmes, mais ils suffisent à nous donner une idée de la façon dont la vie était vécue dans ce domaine dans la première décennie du XIXe siècle et à quel point l’administration française était tout sauf méprisable. Cependant, le côté négatif, comme mentionné à plusieurs reprises, était le recrutement continu de jeunes, que Napoléon considérait comme nécessaire pour les campagnes constantes : à cet égard, je me réfère à mes notes précédentes sur les morts liguriens dans les campagnes espagnoles et russes. La volonté de la France d’étendre ses frontières vers l’est vers le territoire ligure et italien (naturellement et historiquement territoire ligure et italien) se maintiendra même après le Congrès de Vienne, malgré la résistance des autres grandes puissances, mais hormis le douloureux transfert de Nice (et Savoie) à Napoléon III. (allié temporaire) et celle encore plus douloureuse de 1947, l’affirmation confiante de notre conscience nationale empêchera de nouvelles et injustes pertes de souveraineté. Nous reviendrons sur ces questions à une autre occasion.

« Jugador. Introvertido. Solucionador de problemas. Creador. Pensador. Evangelista de la comida de toda la vida. Defensor del alcohol ».
