Deschamps lui a demandé de baisser sa position, il a répondu en personne, ce qui était crucial dans la course à la finale.
Il y a quatre ans et demi, lorsque le France a remporté le deuxième championnat du monde de son histoire sous la pluie à Moscou, on en parlait Antoine Griezmann comme l’un des principaux prétendants au Ballon d’Or. Il avait remporté la Ligue Europa avec l’Atlético Madrid en tant que protagoniste absolu, ainsi qu’avec les Bleus. C’était comme le point le plus élevé que Le Petit Diable pouvait atteindre.
En fin de compte, Modric a le prix sur son babillard. Depuis ce jour, Grizou est entré dans une sorte de « phase deux » de sa carrière, partant d’un départ en descente plutôt qu’en sprint. Il ne s’agit pas de statistiques, mais de l’impact sur le jeu des équipes pour lesquelles il joue. Et bien sûr sa décision de déménager à Barcelone n’a pas aidé à cet égard.
Cependant, des aperçus du vieil Antoine sont de retour au Qatar. Dans une nouvelle version : celle du réalisateur caché, mais pas tant que ça, de la phase offensive des Bleus. Tenir un trident avec Mbappé, Giroud et Dembelé, en revanche, demande des sacrifices, et pas seulement du milieu de terrain. Ce sacrifice auquel la promotion de 1991 s’est habituée maintenant.
Il avait l’habitude d’être le centralisateur lors du premier passage de Simeone à la Real Sociedad et à l’Atlético Madrid. Ensuite, il a dû faire face à la présence de Messi à Barcelone : un euphémisme pour le qualifier de centralisateur. Il a commencé à toucher moins de balles, il s’est retrouvé dévié dans un trident vers la gauche dans lequel il a dû s’adapter à une position qu’il connaissait oui, l’ayant déjà couvert en continu à la Real Sociedad.
C’était une autre époque, c’était un autre contexte. C’était aussi un Griezmann différent, moins mature, moins conscient de ses talents. Un talent sur la rampe de lancement, pas une star établie. Il n’aimait pas ce sacrifice. Et le fait qu’il soit revenu à la base de Colchonera après deux ans donne une bonne idée.
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Jusqu’à cette Coupe du monde, cependant, on parlait plus de lui pour des remplacements après 60′ pour éviter de déclencher le droit d’achat que pour ce qui se faisait sur le terrain. Puis vint le maillot des Bleus, qui évidemment évoque chez lui des sentiments différents. Peut-être aussi parce qu’il a une confiance en lui inconditionnelle : il a disputé 73 matchs d’affilée.
« Antoine a la capacité de changer le visage de l’équipe. Il a une générosité au-dessus de la moyenne, ce rôle lui va très bien. Il a connu des hauts et des bas ces dernières années, mais il a cette excellente mentalité de joueur d’être toujours là quand on a besoin de lui. »
Il ne saute même pas les matches amicaux, c’est important pour Deschamps. Et comment blâmer l’entraîneur. Le terrain parle de lui-même : avec Griezmann, c’est une toute autre histoire. Pas seulement pour les passes décisives et les passes parfaitement coordonnées qu’il distribue, même sous pression. Pas seulement pour la capacité de toujours trouver le bon homme, même en renonçant à tirer pour le but, le but, la gloire.
Le Petit Diable joue également ailier. Il attaque, protège le ballon, le défend, le conquiert, presse. Il fait ce travail caché qui fait des champions des champions. Il donne des consignes à tout le monde, il arrange aussi ses coéquipiers quand il doit prendre des corners.
C’est l’entraîneur de terrain de la France : on parle souvent de défenseurs centraux ou de milieux de terrain, il le fait devant. Ou même quelques mètres en arrière. Pas de problème ici. En fait, c’est souvent une solution. Et le monde le reconnaît aussi.
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